9 mai 2013

Jurassic Park

Jurassic Park

Steven Spielberg
1993

Film : Américain
Genre : Science-fiction aventure dinosauresque
Avec : Sam Neill, Laura Dern, Jeff Goldblum




Synopsis

John Hammond est en effervescence quelques semaines avant l'ouverture de son nouveau parc d'attractions situé sur une île dans le Pacifique, au large du Costa Rica. Face au scepticisme des actionnaires qui veulent des garanties sur leur investissement, il consent à faire venir plusieurs experts sur l'île pour qu'ils donnent leur aval à la viabilité du projet. Hammond part donc chercher le Pr Alan Grant et sa collègue Ellie Sattler, éminents paléontologues pour qu'ils parrainent le parc. C'est donc accompagné de l'avocat d'Hammond, de ses petits enfants et du Pr Malcolm, théoricien mathématique qu'ils pénètrent dans Jurassic Park, pour découvrir stupéfait que le vieux mécène a réussi à cloner et ramener à la vie, plusieurs espèces de dinosaures, pourtant éteintes depuis plus de 65 millions d'années.

Avis

Je replace brièvement le contexte. Nous sommes en 1993. Moi? J'suis un gamin de 7 ans, et comme pas mal de gamins de 7 ans, je kiffe les dinosaures. A l'occasion d'un film, je vois une bande annonce. Des mineurs creusent la roche pour finalement découvrir de l'ambre où un moustique est piégé. Quelques images très très furtives de dinosaures et... Un titre, et un logo. Jurassic Park.

Si à 7 ans, je ne suis pas sûr que le nom de "Steven Spielberg" m'ait beaucoup parlé, cette bande annonce, ce premier trailer si énigmatique qu'il soit, même, m'avait garanti de la force et de la puissance que ce film allait avoir sur un minot fana de dinos. Quelques semaines plus tard, le film m'avait prouvé raison. Jurassic Park était bel et bien la claque attendue.

Seulement voila, ces charmants souvenirs datent de 20 ans, beaucoup de choses ont changé dans le cinéma en deux décennies. Les images de synthèse ont tellement évolué, quand on voit les claques graphiques qui peuvent nous filer des Avengers ou des Prometheus, on se dit que la 3D de 93 doit être un peu désuète, non? A vrai dire, le jugement d'un gamin et celui d'un adulte sur un film diffère sûrement pas mal.

Et bien non. Honnêtement, JP n'a pas pris une ride. D'une part, c'est l'un des meilleurs Spielberg (même si la liste des "l'un des meilleurs Spielberg" est longue) où on y retrouve toute sa maestria de la mise en scène, le lyrisme de la musique de John Williams, et les thèmes chers à Steven avec l'enfance, l'héroïsme dans les mains et le coeur d'hommes et de femmes ordinaires, et bien sûr, ce sens quasi surnaturel de la dramatisation des scènes clés autour des grosses bébêtes.


Les premières minutes donnent déjà l'occasion de profiter de la superbe du réalisateur, comme avec ce plan où l'hélicoptère d'Hammond descend se poser devant une cascade, ou bien le gros plan typique chez Spielberg sur ses acteurs ouvrant des yeux comme des soucoupes devant un troupeau de Brachiosaures. Mais, mais, mais, le premier moment époustouflant, au sens propre, c'est la scène du T-Rex. La tension grimpe progressivement, surtout qu'elle est précédée d'une petite séquence émotion avec un autre dino bien plus sympathique. Digne des meilleurs films d'horreur, tout y est pour scotcher le cinéphile dans son fauteuil, agrippant nerveusement la mousse tweedée de l'accoudoir.

Spielberg orchestre chaque seconde, chaque angle de vue, s'assurant un rendu quasi identique entre les plans de dinosaures en animatroniques (et non pas "auto-érotique" comme dirait Gennaro) et ceux en images de synthèse. L'aspect général, malgré un léger flou sur les CG de mouvement, est impressionnant de réalisme pour un film de cet âge là. La qualité du script, et ce malgré quelques incohérences mineures, fait le reste. On passe de l'émerveillement à la peur, du soulagement à la haine, du rire aux hoquets paniqués, et tout cela sans se sortir de l'immersion dans laquelle nous plonge Steven, jusqu'à ce final sur un soleil couchant, moment ou on se dit "déjà?" dans un premier temps, puis "encore!". Yes. It's that good.

Est-ce vraiment si bien? Vraiment? Ne peut on pas trouver à y redire? Et bien, oui, oui, et non. J'insiste. Jurassic Park était une leçon de cinéma. Si je n'étais pas capable de m'en rendre compte à l'époque, trop excité par l'idée de voir des dinosaures plus vrais que nature bouffer des gens, aujourd'hui je persiste et signe. Qu'il s'agisse du scénario de Michael Crichton, adapté de son propre roman, mettant en relief chaque situation l'une par rapport à l'autre pour donner au film ce rythme typique de Spielberg entre moments ébouriffants et accalmies oniriques, ou les effets de lumière destinés à souligner l'ambiance des lieux, peut être encore le jeu des acteurs, y compris les enfants, ni cabotins ni trop lisses... Si la carrière de cinéaste vous branche, il ne reste plus qu'à prendre un calepin et noter. Ce plan ou la caméra se porte de Jeff Goldblum dans la voiture pour descendre jusqu'à son reflet dans une flaque d'eau tremblant sous les pas du T-Rex. Celui ci ou un traveling circulaire autour de la voiture montre les enfants émerveillés derrières les vitres reflétant un ciel nuageux. Ou encore celui là, en contre plongée où le visage de Muldoon est presque caché par le canon de son arme en très gros plan.

Et la 3D alors? Assez sceptique sur la capacité des studios à adapter les grands classiques en 3D, malgré un bon Titanic 3D l'an dernier, je l'étais encore plus en voyant la bande annonce dont la qualité des images en relief paraissait assez ratée. Fort heureusement, après quelques effets de 3D maladroits, surtout au début du film, on se retrouve finalement aspiré par la qualité de la réalisation a un tel point qu'on ne se rend même pas compte que la 3D passe plutôt, voir même très bien. Sans avoir la profondeur des films actuels tournés avec la technologie 3D, certaines images ressortent admirablement, renforçant le contraste dans la composition des plans. Et puis franchement, 3D ou pas 3D, JP sur grand écran c'est absolument indispensable.



 
Notation

Réalisation : 10/10

J'ai envie de donner la plus belle note à Steven Spielberg. Monsieur Spielberg a déjà plusieurs Oscars sur sa cheminée, alors je me doute bien que mon avis lui fasse une belle jambe, mais il faut savoir reconnaitre le talent et la maitrise quand elle est là. Jurassic Park représente la quintessence d'un film réussi. Certes c'était un blockbuster, certes c'est plus facile de faire des bons films quand on s'appelle Spielberg et que les producteurs sont près à "dépenser sans compter" (pas trop quand même non plus, ça reste des producteurs) mais Spielberg aussi s'est raté par moment. Lui aussi, il a fait des navets et des plantages sur toute la ligne. Ouais, mais celui là, c'est pas le cas. L'ambiance, la tension, la photographie, l'orchestration, tout ça va dans le même sens. La qualité. Et quant aux effets visuels... Mazette! Ils ont 20 ans, vraiment? Peut être moins clinquants qu'un Transformers 3, ils n'en restent pas moins une réussite totale favorisant l'immersion.

Son : 9/10

Que dire de John Williams? Bon, si on veut l'attaquer, on a qu'à dire que ce n'est pas très original. De la musique philharmonique soulignant chaque moment marquant du film, donnant le la des émotions à adopter, comme dans ET, comme dans Indiana Jones, comme dans Rencontre du 3e type, comme dans Star Wars aussi évidemment... Mais vous savez quoi? Ca marche. Et puis il y a les bruitages, surtout les cris des dinosaures. L'avantage, c'est que le rugissement d'une bestiole éteinte depuis 65 millions d'années, y a pas grand monde pour en parler, même Pierre Tchernya. Du coup, le rugissement du T-Rex ou ceux des Raptors ont quelque chose d'exotique, d'inconnu, de redoutablement bestial aussi, et collent parfaitement à l'idée qu'on se fait d'un prédateur suprême. Ca aussi, ça fait partie des trucs qui te vissent le cul dans ton fauteuil quand t'es au ciné.

Scénario : 8/10

Écrivain brillant passionné de techno-science-fiction et de cinéma avec lequel il collabora beaucoup, Crichton était un excellent scénariste dont Jurassic Park est resté à mon sens une pierre angulaire dans les scenarii de films d'action/aventure/sf/blockbuster/gloubiboulga. Si le principe même de clonage était encore un peu abstrait pour les masses il y a 20 ans, nul doute qu'il a aujourd'hui une certaine actualité. Et quand bien même on considèrerait le "comment" et le "pourquoi" de la recréation de dinosaures en laboratoire comme accessoires (ça serai une erreur, mais bon, les gamins comme moi à l'époque ça peut leur échapper de telles réflexions, par exemple) on se retrouve quand même avec une histoire superbement menée. Ok, l'enclos du T Rex passe du niveau du sol à un gouffre de 20m de haut en 5 minutes, ok, tout le monde se barre alors que le Parc reçoit ses premiers "clients test" mais à part ça, le script est quand même vachement bien ficelé.

Interprétation : 9/10

Pas de fausse note dans l'interprétation non plus. Sam Neill est jouissif, entre l'antipathie dont il fait preuve au début, son courage, et la relation qu'il noue avec les enfants, qui sont d'ailleurs eux aussi assez naturels (autant qu'on puisse l'être quand on est chassé par des dinos un peu plus vindicatifs que Denver) le reste du cast, Jeff Goldblum en chaoticien dragueur ou Bob Peck, le braconnier froid et méthodique, même les seconds rôles comme Samuel L Jackson, l'informaticien fumeur, tout le monde trouve sa place dans ce film, très certainement brillamment dirigés par Spielberg.

Note Générale : 9/10

Peut être qu'en 93, il méritait carrément 10. Bien que n'ayant pas pris une ride, bien qu'impressionnant en tout point, graphiquement, musicalement, et vraiment actuel dans les thèmes abordés, on ne peut néanmoins pas assurer que c'est le meilleur film de l'année, tout simplement parce qu'il a déjà un historique, et qu'il garde une empreinte de son temps, indélébile. Malgré cela, JP est, et restera la claque que j'avais reçu en 1993 en allant le voir pour la toute première fois. Un film impeccable à montrer dans les écoles de cinéma avec la légende "voila comment faut faire si tu veux mettre une monstrueuse torgnolle dans la gueule de ton audience". Un dernier mot, pour ceux qui restent sceptiques et qui me diront "Mais pourquoi j'irai voir un film de 93 au cinéma quand je peux en voir un récent?" à ceux là je dis "Allez y quand même", et quand vous l'aurez vu, je vous renverrai à la citation en fin de critique, là, juste là, sous la photo.




"Boy, do I hate being right all the time"

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