11 mars 2012

Star Wars Episode IV : La Guerre des Etoiles

Star Wars
Épisode IV : La Guerre des Étoiles
Un Nouvel Espoir

George Lucas
1977

Film : Américain
Genre : Saga spatiale mythique
Avec : Mark Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher





Synopsis

Après l’avènement de l'Empire Galactique, la Rébellion s'est organisée pour lutter contre l’infâme Palpatine et son fidèle Lieutenant, Dark Vador. Le vaisseau consulaire de la jeune Princesse Leia, sénatrice d'Aldorande, est accosté par le croiseur du Seigneur Vador car il la soupçonne de détenir les plans de la nouvelle station de combat de l'Empire pour les fournir à la Rébellion. Heureusement, elle est parvenue à envoyer un couple de droïdes sur la proche planète de Tatouine, pour qu'ils transmettent les plans à Obi Wan Kenobi, l'un des derniers chevaliers Jedi de la galaxie. Ceux ci tombent sur Luke Skywalker, élevé par un couple de fermiers à la mort de ses parents quand il était bébé, qui ne souhaite que quitter la ferme des Lars pour participer à la guerre aux cotés de la Rébellion.

Avis

Alors que le film a fêté ses 35 ans, soit bien plus qu'une bonne partie des fans de Star Wars, cet épisode mythique, légendaire a fait l'effet d'une bombe à l'époque. Et lorsqu'on regarde cet épisode IV, autant pour la première ou pour la énième fois, on comprend mieux, à mon sens, à quel point ce film a changé la face de la science-fiction.

Sans énumérer les nouveautés à l'époque, remettons nous dans l'ambiance. Trompettes tonitruantes et épiques qui sonnent comme le titre défile à l'écran dans l'espace, suivi d'un texte introductif plaçant immédiatement les enjeux et les différents personnages. La musique, véritablement au cœur de la saga, et encore plus dans cet épisode, se fait plus menaçante, plus martiale, et on assiste à l'accostage d'une navette par un imposant croiseur impérial. Puis l'arrivée de Dark Vador et de ses stormtroopers, avec un beau contraste entre blanc immaculé et noir brillant. L'action nous saisie et on est immédiatement dans le cœur de la bataille.

De fait, la force de ce film est de saisir une épopée dans son apogée. Puisqu'historiquement il s'agit du premier film, elle situe immédiatement l'action dans un univers qu'on imagine déjà haut en couleur sans en avoir vu plus que ce qu'il raconte. L'imagination est présente à chaque plan, et les concepts de "force", de "sabre laser" ou de la lutte mortelle entre l'Empire et la Rébellion aboutissent à forger la légende de la saga en 121 minutes.

Alors qu'à l'époque la science-fiction est un genre mineur, limité aux yeux du grand public, celui ci découvre un space-opéra cinématographique cohérent et intemporel. La raison pour laquelle il est toujours aussi facile de regarder les épisodes ayant plus de 30 ans est la preuve que la Force accompagne la première trilogie. En réalité la magie opère, plus forte que jamais sur cet épisode. Les acteurs y sont jeunes et beaux, tous préservés en ce temps là de leur célébrité naissante, un soin tout particulier est apporté aux décors, et la réalisation est (contrairement aux épisodes de la prélogie) de haute volée.

En réalité, il est difficile d'en dire énormément sur ce film puisque la légende a tellement prit le pas sur la science-fiction toutes époques confondues, qu'à peu près tout a déjà été dit. La Guerre des Étoiles est un monument du cinéma depuis 35 ans, et sans ce film, Ridley Scott n'aurait certainement pas réalisé Alien et Blade Runner, John Carpenter ne se serait pas penché sur The Thing, et des œuvres comme le Cinquième Élément ou la série Battlestar Galactica n'auraient jamais eu l'impact qu'elles ont eu. Star Wars est le pionnier le plus notoire de la saga de la science-fiction au cinéma et ailleurs post Pulp avec Star Trek ou 2001 Odyssée de l'Espace.





Notation

Réalisation : 9/10

L'image est chatoyante, très colorée, à la manière des comics de l'époque, mais elle garde une certaine retenue. Les décors de l’Étoile Noire ou de Tatouine sont très réussis, et contribuent à la pérennité du film. En ce temps là, George Lucas était encore très pertinent derrière la caméra, et graphiquement il offre un très joli film très agréable à regarder en 2012, ce qui n'est pas le cas de tous les films datant de cette époque. Et même si certains effets spéciaux sont devenus vieillots à l'usure, on les occulte sans mal devant la qualité du reste de la production.

Son : 9/10

L'épisode à la musique la plus marquante. Comme toujours John Williams à la plume compose des thèmes épiques et enlevés qui vont s'incruster dans l'imaginaire collectif comme la signature sonore de l'univers imaginé par George Lucas. Les bruitages ont également fait référence, dans le vrombissement du sabre laser, ou dans le terrible bruit des chasseurs Tie quand ils prennent en chasse le Faucon Millenium. Par ailleurs, contrairement à la prélogie, l'action restant modeste, on n’atteint à aucun moment la saturation de "piou-pious" qui dé-crédibilise une bonne partie des épisodes I à III.

Scénario : 8/10

Parce qu'il dévoile au grand public qui ne le sait pas encore en 1977, l'une des plus grandes sagas de l'histoire du cinéma, cet épisode possède une histoire à la hauteur de son Histoire. De fait, sur cet épisode, la relative finesse (dans les deux sens) du scénario passe outre, et on se laisse porter par le sort de Han, Luke, Leia, Chewie et Obi Wan sans trop objecter sur le fond assez simpliste des enjeux. L'épisode IV est bien écrit et la magie opère aussi sur ce domaine.

Interprétation : 8/10

A l'exception de Sir Alec Guiness, à la filmographie légendaire depuis les années 50, les 3 héros sont encore bien peu connu et leur anonymat renforce leur spontanéité d'acteur. Harisson Ford par exemple incarne à merveille le contrebandier filou alors que 5 ans plus tôt, il était décidé à se consacrer à sa carrière de charpentier plutôt qu'à celle d'acteur. Le jeune duo Luke et Leia, sans brûler les planches parviennent également à donner vie à ces jeunes gens aspirant à la liberté se retrouvant embarqués dans la plus grande aventure de leur jeune existence. Enfin, les acteurs secondaires sont de vrais plus pour le film, à l'image de Peter Cushing absolument sensationnel en Grand Moff Tarkin, égal de Dark Vador dont la présence dans la saga des films est malheureusement trop courte.

Note générale : 9/10

Je pense qu'on ne peut pas reprocher grand chose à ce film. Si je conçois que son aspect optimiste, manichéen et épique, sans compter qu'il s'agisse d'un film de pure science-fiction, ait pu rebuter les détracteurs d'un tel genre, le film affiche en toute objectivité des qualités indéniables qui non seulement expliquent son entrée dans la légende, mais aussi l'attrait des fans après toutes ces années. Il y a là une grande qualité dans ce film, et c'est son intemporalité qui va donner les mêmes frissons et le même enthousiasme à celui qui va le regarder pour une énième fois, bien que le connaissant par cœur, avec la même ferveur qu'après la toute première fois. Un mythe.





"Close the blast doors! ... Open the blast doors! Open the blast doors!"

27 févr. 2012

Star Wars Episode III : La Revanche des Sith

Star Wars
Episode III : La Revanche des Sith

George Lucas
2005

Film : Américain
Genre : Saga spatiale mythique
Avec : Ewan McGregor, Hayden Christensen, Natalie Portman






Synopsis

Alors que la guerre fait rage depuis 3 longues années entre des séparatistes de plus en plus nombreux, menés par le comte Dooku et la puissante armée de clones de la République, un raid mené par le général Grievous, second du Comte, a permit à la Confédération des Systèmes Indépendants de capturer le Chancelier Palpatine. Anakin et Obi Wan parviennent à infiltrer le vaisseau où le Chancelier est retenu captif, ainsi qu'à terrasser Dooku grâce à la fougue du jeune chevalier Jedi. Malheureusement Grievous, devenu par concours de circonstance, leader de la rébellion séparatiste, parvient à s'échapper. Alors qu'Obi Wan est chargé d'enquêter dans la bordure extérieur sur l'endroit où se cache Grievous, le Chancelier demande à Anakin d'être son espion au sein du Conseil des Jedi, quand ceux ci lui demandent la même chose à l'encontre de Palpatine. Le conflit est de moins en moins déguisé entre ce dernier et les Jedi qui le soupçonnent de vouloir s'accaparer les pleins pouvoirs à l'issue de la guerre.

Avis

Inutile de dire que l'attente était grande à la veille de la projection ciné de cet évènement. Le dernier épisode inédit sur grand écran. Et rétrospectivement, quelle claque! La première vision donne indubitablement une sentiment de souffle coupé. La seule d'introduction du film donne aux amateurs de combats spatiaux tout leur saoul, puis dans les 20 premières minutes s'enchainent combat au sabre laser, destruction méthodique de droïdes de combat, facéties de Jedi etc etc. Mais le deal du film est tout autre.

Le spectateur qui découvre le film pour la première fois souhaite savoir comment Anakin Skywalker, a.k.a. Hayden Christensen (j'ai failli dire une méchanceté dans le qualificatif que je lui réservais, mais non, soyons fair-play) devient ce monstre sacré des méchants de cinéma, tout de noir étoffé qu'est le prestant Dark Vador, quand dans le même temps le paisible Palpatine devient le vil Empereur.

Une fois encore depuis le début de mes chroniques de la saga, je différencie l'histoire racontée par la trilogie, et le scénario du film. Avec six épisodes, c'en devient presque une mini-série. Quant aux trois concernés par la pré-trilogie ils ont une cohérence qui s'inscrit dans la continuité, et ce troisième épisode en est l'apothéose. Le fait est pour couper court à tout suspens, que malgré le cliffhanger mit en scène dès l'épisode I, ce dernier épisode se révèle un petit peu trop brutal dans sa narration. Entre les batailles spatiales, les affrontements au sabre laser etc, il ne reste plus beaucoup de scènes de dialogues pour conclure la chute vers le coté obscur d'Anakin à l'écran. Dans l'absolu, on comprend le chemin de croix qui le mène à cette extrémité. Malheureusement à l'écran, cela se traduit par deux dialogues avec le futur Empereur, un duel avorté entre celui ci et Mace Windu et... Celui qui doit désormais être connu comme Dark Vador (ou Darth Vader pour les puristes) est prêt à assassiner la galaxie pour la paix et la "démocratie". Si vous parlez d'un dénouement abrupte...

De plus, sans s'attarder de trop sur l'interprétation, elle est encore une fois en dents de scie selon les acteurs, puisqu'Ewan est un Obi Wan plus que parfait, qu'on imagine aisément se transformer en Sir Alec Guiness tel que le personnage apparait dans l'épisode IV. En revanche, Hayden est inexpressif comme jamais, et coté Empire, Ian McDiarmid cabotine avec insistance dans son rôle de Palpatine. Cet aspect qui aurait été le point fort de ce film s'il avait été réussi donne un duo de Sith plus comique qu'effrayant. Et ça, c'est vraiment, mais vraiment dommage. Même Natalie Portman qui était pourtant parfaite dans l'épisode I est ici un peu perdue, n'arrivant pas à retrouver son charisme et sa sensibilité.

En faisant abstraction de ce point, on se retrouve alors néanmoins plongé dans la fantastique imagination de George Lucas. Encore plus riche, que l'épisode II, celui ci nous transporte grâce à des images somptueuses dans un monde débordant d'exotisme et de classe. Costumes, décors, images de synthèse... Là encore le visuel est impressionnant, et on remercie Lucas d'avoir mit en images son univers. Disposant d'un très fort dynamisme, le film compense ses lacunes par des images qui font mouche, mais d'une manière "spectacle" qui prouve que le créateur de la saga est plus un scénariste et un grand esprit créatif, qu'un artiste de l'image. Comprenez moi bien: le film est beau parce que ce qu'il décide de montrer l'est, et non pas parce qu'il sait bien le filmer.

Le fait est que la magie est là, fidèle au rendez-vous. La tension monte au fil du film, et chaque scène tend vers un spectacle plus poignant. Ainsi le traditionnel combat final au sabre laser, présent dans chacun des 6 épisodes est plus être l'un des plus jolis, même si mal monté (Yoda contre l'empereur qui s'intercale au milieu, grossière erreur George, grossière erreur...) et achevé de manière un peu soudaine. Il marque néanmoins les esprits par son esthétisme toute particulière et assurément inédite, entre deux sabres de la même couleur, et des tonds rouges orangés pour le fond. Il n'égalera jamais la classe de Qui Gon contre Darth Maul, mais il a le mérite de présenter un concept très intéressant, si on oublie bien sûr l'ironie du gentil Jedi en blanc immaculé contre le méchant Sith en tenue noire et rouge, pour que le spectateur moyen comprenne bien qui c'est qui va gagner.





Notation

Réalisation : 7,5/10

Encore plus foisonnant que l'épisode II, La Revanche des Siths est un film haut en couleurs, très rythmé avec une plastique nettement marquée. On peut en revanche lui reprocher son montage par moment maladroit. Il s'articule parfois autour d'épisodes qui nous font un peu trop penser à une série télé mixée en film, et ces deux scènes finales coupées en parallèle : le combat entre Yoda et l'Empereur, celui entre Anakin et Obi Wan, mais aussi la naissance de Dark Vador face à celle de Luke et Leia. A mon sens un meilleur montage aurait rendu ces scènes plus fortes sans enlever le lien profond qui unie les séquences bien sûr.  

Son : 8/10

Grandiose, toujours, John Williams remet le couvert dans ce sixième épisode historiquement de la Guerre des Étoiles, provoquant, comme à son habitude une partie considérable de la magie provoquée. Les thèmes sont très enlevés, et font mouche, les bruitages sont immersifs, même si c'est bien entendu loin d'être original. Ça fonctionne. 

Scénario : 7/10

Déjà mentionné quant à sa réalisation, l'aspect épisodique de cet opus tient forcément part à son scénario. En compilant des séquences qui se veulent grandioses et qui s'inscrivent dans l'histoire, les péripéties tendent à être trop distinctes les unes des autres. Là Obi Wan affronte Grievous, ici Yoda part en guerre sur la planète des Wookies, sans oublier la scène introductive du film qui en près d'une demie heure possède tous les éléments d'un épisode de série télé. Mais en dehors de cela, l'histoire, car c'est elle qu'on remet devant dans une saga comme celle ci, est comme souvent superbe. Si la réalisation et la richesse offerte par le scénario empêche de développer l'histoire de manière parfaite et exhaustive, cela n'en reste pas moins une bonne description de la progressive descente au coté obscur d'Anakin. 

Interprétation : 5/10

L'énorme point noir de cet épisode, la déception qui plombe tout un pan de la saga. Déjà moyennement convaincant lors de l'épisode II, Hayden Christensen mais aussi Ian McDiarmid cabotinent allègrement dans les règles de l'art, avec grand renfort de moue boudeuse et de grimaces machiavéliques. Mais en plus de cela, le reste du casting ne parvient cette fois ci pas à rectifier le tir sur l'ensemble, et la pauvre Natalie Portman en devient presque insipide alors qu'elle crevait l'écran dans l'épisode I. C'est toujours facile de dire ça des années après, surtout de la part d'un humble cinéphile qui n'a aucune prétention en matière de dramaturgie ou de réalisation filmique, mais imaginer cet épisode, voir même l'ensemble de la prélogie, avec un casting de monstres sacrés, je n'ose pas imaginer ce que cela aurai engendré. 

Note générale : 7,5/10

Parcequ'il conclue la première partie de l'histoire de cette galaxie lointaine, très lointaine, et qu'il la conclue bien, avec succès, cet épisode est donc un très bon divertissement. Tout y est ou presque. Émotion, qualité visuelle et sonore, belle histoire... Il semble toutefois que certains mauvais choix, dans le casting surtout, collent à George Lucas pour cette saga, ce qui ternie un peu le tableau. Mais aucun souci de ce point de vue la, les couleurs sont suffisamment vives pour passer un très bon moment devant son écran.





"Twice the pride, double the fool!"

20 févr. 2012

Star Wars Episode II : L'Attaque des Clones

Star Wars
Episode II : L'Attaque des clones

George Lucas
2002

Film : Américain
Genre : Saga spatiale mythique
Avec : Ewan McGregor, Hayden Christensen, Natalie Portman





Synopsis

Suite au blocus exercé par la Fédération du Commerce à la planète Naboo, mené à l'échec par Obi Wan et Qui Gon Jinn qui y avait laissé la vie, la Fédération, toujours manipulée dans l'ombre par le Seigneur des Siths Dark Sidious, décide de faire sécession et de nombreux systèmes de la République la rejoigne dans l’insurrection. Devant la menace de guerre civile, plusieurs voix s'élèvent pour réclamer une puissante armée, alors que d'autre comme celle de Padmé, ancienne Reine de Naboo devenue sénatrice, plaident pour une résolution pacifique du conflit. Menacée par divers attentats, Obi Wan Kenobi et son padawan Anakin Skywalker sont chargé de sa protection. Anakin est ravi de retrouver celle qui l'avait fait chavirer, mais son amour le torture en réalité plus qu'il ne l'aurai cru. Par ailleurs, il est assujetti à des visions de sa mère mourante sur Tatouine, créant encore plus de souffrance dans son coeur. Maitre Yoda l'avertit: la souffrance mène au coté obscur.

Avis

C'est le premier épisode de la saga filmé entièrement en numérique, avec une incursion désormais quasi constante des images de synthèse. L'effet est à double tranchant. l'univers Star Wars n'a jamais été aussi coloré, aussi grandiose et aussi riche. Presque foisonnant. On comprend aisément l'enthousiasme de George Lucas à l'idée d'enfin pouvoir mettre la moindre de ses idées, le moindre de ses croquis, en images pour faire vivre l'univers qu'il a inventé et imaginé depuis près de 40 ans. Mais le risque qu'il prend, est de rendre un film impersonnel, trop basé sur ses effets spéciaux et non plus tourné vers le scénario.

Le scénario étant justement le point le plus controversé de l'épisode I, Lucas s'est attelé à peaufiner son scénario, et, tout en suivant le fil conducteur de la trilogie initiale, à savoir la machination de Dark Sidious, et le basculement d'Anakin du coté obscur, il propose un film bien écrit et cohérent, où le spectaculaire rejoint l'histoire.

Car il faut l'admettre, on ne pensait pas qu'un épisode de Star Wars dont l'aspect épique était présent dès le IV (donc le premier) puisse l'être autant quand on le découvre pour la première fois en 2002! Tout y est, des combats de chevaliers Jedi, des batailles spatiales, des batailles au sol, des paysages exotiques présentant les 4 coins de la galaxie lointaine, très lointaine, un oeil encore plus poussé sur la fascinante Coruscant, coeur de la République, et le tout dans des tons de couleurs chatoyants.

En réalité cet opus central dans la pré-trilogie l'est au propre comme au figuré. Il constitue sur le plan de l'histoire, le lien entre le jeune Anakin sur Tatouine, et Dark Vador qui fait son apparition à la fin de l'épisode III. De fait, moins manichéen dans son approche du personnage central, il dépeint un jeune padawan surdoué mais arrogant, éprit de doutes et de peurs. Celles là même qui le mèneront au coté obscur. Je vais revenir d'ailleurs sur le personnage d'Anakin et de son interprétation, mais il faut également préciser, tant qu'on évoque le coté central de cet épisode, qu'il l'est également en terme de narration, ET de réalisation. En effet, il esquisse pour la première fois le but réel du complot fomenté par Dark Sidious, et donc lie l'épisode I où on a du mal à voir où Lucas voulait en venir, et le III où la manipulation est clairement énoncée. Enfin sur le plan de sa réalisation, on l'a dit, chatoyante, elle garde une certaine réserve. Les images de synthèses sont magnifiques, mais par toujours bien utilisée, reste qu'elles n'offrent pas encore l'essentiel du spectacle, et heureusement. La conséquence de cette modération relative (dont on se rend compte avec les 10 années de recul sur le film) est que cet épisode parait le plus équilibré en terme de spectaculaire et d'intrigue.

Et dans la qualité de l'intrigue, il y a ce personnage central, seul et unique à être présent dans les 6 épisodes, Anakin Skywalker, dont il est absolument nécessaire de parler. Tout le monde sait qu'il deviendra au terme de la pré-trilogie, l'infâme Dark Vador *thème de la marche impériale*. Si le I montrait un petit garçon blondinet qu'on pouvait caractériser de "bout d'chou", par très intéressant ni en terme de scénario, ni d'interprétation, Anakin dans ce II est donc le plus passionnant. On connait tous son destin, et on meurt d'envie de savoir ce qui l'a motivé à basculer à la violence et au caractère odieux du coté obscur de la force. Si le scénario dévoile ici les premiers éléments, le message passe assez mal face à la prestation d'Hayden Christensen.

Si on peint le tableau d'Anakin à 19 ans, il s'agit d'un jeune homme terriblement sûr de lui car il peut justifier d'une maitrise précoce de la force sûrement due à son taux de midi-chloriens anormalement élevé. Bien que tardive, sa formation lui a permit d'acquérir en dix ans le niveau d'un puissant chevalier Jedi. Comment d'un tableau comme celui là passe-t-on à un grand ado pourri gâté pédant comme celui dévoilé par le film? Deux mots. Mauvais casting. Il n'est jamais facile de caster un jeune acteur d'à peine une vingtaine d'années, et impossible de dire quel acteur de cette génération aurai rempli le rôle. Mais, mais, mais, le résultat est là. Anakin en 2 films réussi le pompon d'être presque aussi insupportable que Jar Jar, alors que son personnage est le plus intéressant, et que c'est lui le protagoniste central des 6 épisodes!

D'où ces quelques regrets en voyant le visage boudeur d'Hayden Christensen supposé jouer la frustration, la colère, la tristesse... Heureusement à ses coté, Ewan Mcgregor est un Obi Wan parfait, qui contrebalance la légère exaspération engendrée par son padawan.

En dehors d'autres petits bémols mineurs, cet épisode II offre beaucoup de divertissement, et n'est donc pas à négliger d'un revers de main comme totalement inutile à la saga. Sans trop pouvoir me prendre au jeu des comparaisons, c'est celui qui me satisfait le plus de la prélogie avec le recul des ans et des nombreux visionnages.





Notation

Réalisation : 8/10

George Lucas n'a rien d'un génie de la caméra, mais grâce aux effets numériques vraiment réussis, le film est très joli. Jamais l'univers Star Wars n'avait montré jusqu'à lors autant de richesse visuelle, et de ce fait n'avait été aussi proche de la vision que voulait lui donner Lucas. Alors, oui, il reste certaines maladresses avec des transitions un peu grossières par exemple entre images de synthèses de C3P0 et R2 et les versions "physiques" avec l'interprète à l'intérieur. Cet épisode reste un des plus réussis, avec un mot d'ordre: épique.

Son : 7/10

Les thèmes habituel apparus dans l'épisode I et ceux de la trilogie initiale sont là, avec leurs variations habituelles selon les circonstances, mais en revanche cet épisode a l'identité sonore la moins nette de la série à mon sens. Pas de morceaux originaux venant ponctuer les événements clés de l'histoire, des bruitages qui eux le sont, et qui sortent enfin du trop commun "piou-piou" mais il n'y a pas autant de magie dans le son de cet épisode que dans les autres.

Scénario : 8,5/10

L'histoire de cet opus balade le spectateur sur de nombreuses planètes, tout en revenant sur Naboo et Tatouine également, afin de créer certains repères. L'histoire quant à elle, continue sur l’avènement de l'Empire et le plan de Dark Sidious, mais il y a derrière ce fil conducteur une histoire et des péripéties bien ficelées, qui font de cet épisode une nette réussite sur le plan de son scénario.

Interprétation : 7/10

Loin d'être une catastrophe, Hayden Christensen mine les efforts des scénaristes pour rendre le personnage d'Anakin très intéressant. Il faut beaucoup de recul pour appréhender Anakin Skywalker sans avoir envie de le baffer au moins dans cet épisode. Heureusement autour de lui, Ewan McGregor ou Natalie Portman réussissent à relever le niveau. Quant à l'immense Christopher Lee, il donne beaucoup de prestance et de classe au Comte Dooku qui n'en manquait pourtant pas initialement.

Note générale : 8/10

L'épisode II redonne beaucoup d'intérêt lorsqu'il sort à la pré-trilogie que la Menace Fantôme avait mal commencé. Réussi sur de nombreux aspects, cet épisode charnière a le mérite d'être équilibré dans son écriture, et dans sa réalisation de haut vol avec des effets numériques concluants. Nettement, la force est avec l'épisode II. 

  



"Only a Dark Lord of the Siths knows our weakness."

12 févr. 2012

Star Wars Episode I : La Menace Fantôme

Star Wars
Episode I : La Menace Fantôme

George Lucas
1999
  
Film : Américain
Genre : Saga spatiale mythique
Avec : Liam Neeson, Ewan McGregor





Synopsis
   
La République Galactique connait un incident diplomatique qui met les ronds de cuir du Sénat au pied du mur : la puissante Fédération du commerce soucieuse de faire appliquer des taxes exorbitantes oppose un embargo à la pacifique planète Naboo dirigée par la jeune Reine Amidala, et menace militairement son peuple pour qu'elle signe une un traité justifiant l'occupation de son monde par les troupes droïdes de la Fédération. Qui Gon Jin et son padawan Obiwan Kenobi sont chargés de mener l'enquête pour le compte du conseil des Jedi, lorsqu'ils rencontrent sur Tatouine un petit garçon, Anakin Skywalker chez qui la force est anormalement puissante.

Avis

On ne présente plus la saga de George Lucas, et ses milliards de bénéfices engrangés en films, éditions DVD, blu ray et moult moult produits dérivés. Avant d'être un business lucratif, Star Wars reste néanmoins deux trilogies de films de SF catégorie Space Opéra, l'une originalement sortie à partir de 1977, puis la trilogie préquelle revenant sur les origines de l'Empire et des principaux personnages au rang desquels Dark Vador, emblématique méchant de la saga qui était avant de devenir le Sith le plus puissant de la galaxie lointaine, très lointaine, un jeune garçonnet des rêves plein la tête, comme tout un chacun, mais aussi un valeureux chevalier Jedi par la suite.

A l'occasion de la ressortie en 3D avec quelques ajouts mineurs de ce premier épisode au cinéma, attardons nous sur cette saga de légende, en commençant donc par le tout premier chronologiquement parlant. Si dans les années 70-80, Lucas avait évoqué l'histoire précédant les épisodes IV V et VI, il faut attendre la Menace Fantôme pour la découvrir précisément. Cela signifie donc que le scénario est tenu de suivre des grandes lignes mais on constate qu'il s'avère tout de même extrêmement accessible aux néophytes.
   
L'autre particularité d'un film sortit à la fin des 90's c'est qu'il bénéficie des évolutions majeures en terme d'effets spéciaux numériques opérées dans les années 90. Entre le Retour du Jedi et la Menace Fantôme, il y a Jurassic Park, The Mask, Titanic ou le Cinquième Élément. Un bon de géant dans la représentatif de la Science Fiction qui a somme tout révolutionné le cinéma et la façon de faire des films (et de gérer son budget de producteur aussi, mais bon) Du coup la Menace Fantôme ne lésine pas sur les effets numériques, même si ça n'est rien à coté de la suite de la trilogie. La course de pods, la cité sous-marine, ou l'armée droïde sont une preuve de l'intérêt de Lucas pour la claque visuelle.
   
J'en profite pour évoquer la 3D de la version actuellement au cinéma: par moment franchement réussie, elle reste vraiment anecdotique sur 90% du film où elle donne à peine plus de profondeur au champ que les copies 2D. Mais voir se détacher le visage grimaçant de Darth Maul en 3D, ça n'a pas de prix, c'est vrai.

Alors à l'époque j'avais grandement apprécié le coté spectaculaire, car c'est vrai que george Lucas sait raconter sa saga avec force de divertissement, mais avec le recul certains points importants me laissent plutôt tiède. Attaquons le vif du sujet sans détour, quitte à troller: La Menace Fantôme est le plus mauvais Star Wars des 6 épisodes. Alors c'est peut être un simple avis, mais je m'explique.
   
Le scénario dans un premier temps est... Naïf disons. Autant le scénario des 3 épisodes de la trilogie moderne mis bout à bout est bien ficelé et raconte avec une fatalité implacable le fourbe plan des Siths et la chute du coté obscur d'Anakin, autant cet épisode I tout seul est franchement sommaire, presque enfantin. Il y a une princesse, enfin, une Reine, mais une Reine jeune, très jeune, protégée par des chevaliers et un palefrenier galactique de 9 ans qui tape dans l'oeil de la belle Princesse/Reine avant de sauver la Reine et son peuple sur son destrier galactique... Oui, vu comme ça il y a un coté Disney à cet Episode I. Et j'aime pas Disney.

Par ailleurs George Lucas n'évite pas les écueils d'une chronologie par moments flous, sur l'âge d'Obiwan par exemple, qui prend un sacré coup de vieux quand même entre la première et la seconde trilogie alors que tout au plus 30 ans se passent entre l'épisode I et l'épisode IV. Mais admettons, car mine de rien la transition d'une trilogie à l'autre passe plutôt bien, et de toute façon on se concentre ici sur cet épisode. Celui ci est scindé en 2 parties, la première sur Tatouine essentiellement, et tournée vers Anakin, afin de démontrer comment le terrible Dark Vador était autrefois un bout d'chou à la bouille ronde et aux cheveux ébouriffés. C'est gentillet, mais un peu trop artificiel, d'autant que Jake Llyod cabotine pas mal. Bien sûr que c'est pas facile de tourner avec des enfants, mais il y a tellement de talents précoces chez l'Oncle Sam qu'on regrette que Lucas ne se soit pas accordé les services d'un enfant star un peu plus talentueux. Là encore admettons. D'autant que les têtes d'affiche sont particulièrement douées d'autre part.

George Lucas nous perd en revanche sur certaines idées farfelues comme les midi-chloriens (wtf oO?) parceque même s'il en avait l'idée parait-il depuis la trilogie initiale pour expliquer l'origine de la Force, l'explication parait sortie du chapeau et Anakin de conclure l'explication de Qui Gon par "je ne comprends rien..." réaction particulièrement partagée par le spectateur lorsqu'il entend cela pour la première fois! Anakin WIN. Autre incident de parcours, faut il le nommer? Un incident de parcours avec deux longues oreilles tombantes et un dialecte disons déroutant.

Heureusement, heureusement, la Menace Fantôme reste épique. Il y a malgré ses égarement la magie Star Wars qui opère, et une fois l'épisode replacé comme pilier de la saga, il affirme sa cohérence avec sa suite mais aussi les épisodes historiquement précédents, car s'il est la genèse de l'histoire contée, il se situe en plein milieu de la saga chronologiquement parlant, ce qui explique son statut à part.





Notation

Réalisation : 7/10

Il y a du bon et du moins bon dans cet épisode. Initialement, c'est un épisode avec une identité propre, même s'il faut aimer ce petit côté Disney, rose bonbon par moment, avec des palais, des Princesses et des colline verdoyantes où s'affrontent les forces du bien et du mal. Ensuite, les effets spéciaux, mais aussi la 3D sur cette nouvelle version, sont très réussis.

Son : 7,5/10

La musique de John Williams compte des thèmes parmi les plus mythiques du cinéma tout au long de la saga. Celui qu'on retient pour cet épisode I est le thème Duel of Fates qui accompagne l'affrontement final entre Qui Gon et Obiwan contre Darth Maul. C'est peut être même un des plus beaux de la saga et il décuple le potentiel mythique de cette scène qui l'est pourtant déjà énormément. Le reste de la musique est fidèle à la série, mais parfois trop présente, et les effets sonores "piou piou" lors des batailles dans l'espace prennent un coup de vieux comparé à ce qui se fait maintenant en terme de bruitages spatiaux. Y a pas, "piou piou" c'est kitch quoi!

Scénario : 6/10

Outch, c'est ce qui mine le plus cet épisode, assurément. Peut être qu'en racontant la même histoire il y aurait eu mieux à trouver pour le scénario, où les personnages admirablement classes (Qui Gon, Darth Maul) côtoient des Gungans balourds et des méchants aliens à l'accent russe lâches et particulièrement têtes à claques.

Interprétation : 7/10

Là aussi les disparités au niveau de la qualité du casting m’interpellent. Liam Neeson, Ewan McGregor, et Natalie Portman sont exemplaires. On peut pas toujours en dire autant du reste du casting. La quasi totalité des personnages secondaires cabotinent ou ne sont pas à leur place. Palpatine par exemple a beaucoup de mal à rendre crédible dans ce premier opus son personnage de sénateur ambitieux mais voulant le bien de son peuple. Heureusement à part quelques scènes exagérées dans le III, il se rattrape par la suite, mais restons en à cet épisode. J'ai évoqué Anakin, et outre les aliens en images de synthèse, le reste des figurants/personnages secondaires sont particulièrement effacés, comme si le film ne les concernaient pas. Heureusement, Ray Park sous le maquillage de Darth Maul est brillant malgré la platitude relative accordée à son personnage qui se contente d'être über-cheaté. La version blonde des siths en somme "Soit classe et tais-toi".

Note générale : 7/10

La note pour les Star Wars est un peu à part. Chaque film s'inscrit dans une saga qui, si elle devait être critiquée mériterait bien un 9 ou un 10. Mais si on met de coté la magie et le mythe, la Menace Fantôme n'est pas un excellent Star Wars, tout en étant un bon film de SF pour les enfants. Cet épisode paye l'orientation naïve de son écriture et certains "réglages" après plus d'une décennie sans films, mais ceux ci sont finalement plus ou moins gommés ensuite. A suivre donc.





"You were right about one thing, master. The negotiations were short."