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16 juil. 2014

Godzilla

Godzilla

Gareth Edwards
2014

Film : Américain
Genre : Film de kaïju sans carton-pâte
Avec : Aaron Taylor-Johnson, Bryan Cranston





Synopsis

En 1999 aux Philippines, des ouvriers d'une mine tombent sur une cavité gigantesque abritant une immense carcasse de monstre antique. Ils appellent immédiatement l'organisme chargé de l'étude et de la surveillance de ce type de grosses bébêtes, qui trouve la chrysalide d'un parasite sur place. A quelques milliers de km de là, au Japon, Joe Brody assiste impuissant à la fission du réacteur dans la centrale nucléaire où il travaille avec sa femme qui trouve la mort dans l'accident. Après 15 ans, toujours persuadé qu'une cause extérieure non naturelle a provoqué l'accident, Joe continue a parcourir la zone interdite à la recherche de preuves à présenter à la presse. Son fils devenu militaire de l'US Navy et de retour de mission, cherche alors à le convaincre d'arrêter sa quête vouée à l'échec et de rentrer aux Etats Unis. Mais alors que Joe parvient à convaincre son fils de l'aider lors d'une dernière sortie dans la zone d'exclusion, ceux ci sont capturés par les autorités et ils assistent depuis les ruines de l'ancienne centrale à la naissance d'un mutant gigantesque qui s'échappe et commence à faire régner le chaos.

Avis

Godzilla est un sujet délicat. Roi des kaïju, il dispose d'un statut d'icône au Japon, et chaque nouveau projet, d'un côté ou de l'autre du Pacifique créer des remous qui satisfait à peu près autant de personnes qu'il se créer d'ennemis mortels. Le film de 1998 avait atteint des niveaux de nanard cosmodésique assez improbable, et je me rappelle même l’émergence à la suite de ce navet d'une série animée qui passait sur Canal J quand j'étais minot racontant les aventures de ce bon Docteur Tatopoulos et de son pet-Godzilla parce que c'est toujours bon d'avoir un side-kick de 150m de haut. Roland Emmerich était déjà rentré dans la postérité dans les années 90 pour quelques beaux navets à coté de films sympatoches genre Stargate, et n'était qu'au début de ses frasques cinématographo-catastrophiques finalement, mais il avait réussi à s’attirer l'exaspération d'un paquet de cinéphiles pour qui l'essence de Godzilla avait complètement disparu, et engendré une hantise du film de monstre raté.

Par conséquent, le parfum du reboot, tellement à la mode,  avait des notes de moisi derrière l'odeur de peinture fraiche, et c'est méfiant que j'ai mis les pieds dans la salle de cinéma. Première surprise : Godzilla n'est pas le seul monstre du film, il se tire la bourre avec deux MUTOs, des espèces de sales bestioles plus ou moins insectoïdes qui m'ont rappelé les nuits d'été où Arte avait eu la bonne idée de passer les Godzilla vs Mothra et autres classiques du kaiju japonais, mais ici, point d’immeubles en carton tirés d'un mauvais épisode des Power Rangers, qui dit budget Holywood-gros-cigare-here's-your-bag-of-cash dit effets visuels tip-top pour te faire passer la pilule que t'as encore payé 1,5€ tes lunettes 3D que t'oublies à chaque fois chez toi au lieu de les réutiliser.

Et en fait je pourrais dire "point à la ligne, merci d'être passé" parce que grossomodo, le film capitalise un maximum la-dessus. Good-guy Godzilla vs Bad-guys MUTOs et des FX à faire baver un graphic designer. Le scénario se perd à la moitié du film dans une sorte de méli-mélo avec plein de charabia scientifico-pouet pouet, les personnages charismatiques du film ne font RIEN. L'immense Ken Watanabe, inoubliable Saito dans Inception, se contente de suivre Godzilla a la trace et de le regarder faire, et Aaron TJ (désolé 2 noms c'est trop, et encore t'as du bol que je t'appelle pas Kick-Ass Bidasse) fait genre "Je suis un militaire, j'vais faire des trucs!" pour au final avoir a peu près autant d'effet sur Godzilla et les deux autres qu'un moucheron anorexique.





Bien sûr, on peut aussi regarder Godzilla sous l'oeil de la symbolique. Les kaiju et en particulier Godzilla ont toujours été la réponse du Japon à l'attaque atomique d'Hiroshima et de Nagasaki. Le Japon d'après guerre, traumatisé par l'atome a personnifié celui ci dans des monstres mutants nés de la suffisance de l'homme face à la nature, pour lui faire expier ses pêchers. Or dans ce film (américain et non japonais, faut il le rappeler) la symbolique s'approprie une continuité plus actuelle à cette problématique, et ce sont les dommages de l'incident de Fukushima qui sont sous-jacents dans la première moitié du film. Le MUTO devient alors la cause de l'incident nucléaire analogue à celui qu'a vécu le Japon en 2011, et Godzilla, autrefois bourreau du Japon vient aujourd'hui terrasser cette menace. Bon. On passe quand même rapidement la dessus, parce que si le clin d’œil est sympathique, le scénario prend bien soin de se perdre en conjectures et en gloubiboulga dantesque sur la deuxième moitié pour que le spectateur en ait pour son argent.

Kaiju fight! *musique néo-métal* Parce qu'en gros, pas besoin d'en dire plus sur la deuxième moitié du film qui sombre dans un océan de facilité graphique et spectaculaire. On met le scénario de coté, on met les persos charismatiques de coté, et on laisse des gros machins géants se foutre sur la gueule en plein milieu d'une ville en ruine, sous un épais nuage de fumée/poussière/vrais nuages (on sait pas trop) juste pour que ça donne son effet post-apo de rigueur et que ça évite de trop pré-calculer de décors sur les CG. Du coup la dernière petite heure du film, la perspective du spectateur consiste a se visser au fond de son siège de ciné, les lunettes sur le nez et de bouffer son pop corn pendant que les immeubles s'effondrent sous les projections et les fatalities des kaïju, que les bidasses se retrouvent nez à nez avec des têtes de streum pour un des meilleurs effets 3D stéréoscopique depuis un moment, et que le scénario improbable nous balade d'un Golden Gate coupé en deux à un train de marchandises équipé de têtes nucléaires à une petite leçon de chute libre avec fumigènes colorés. Pfuah! Quand on ressort de la, on a le cerveau vidé remplacé par tout plein d'images jolies et de moments épiques façon "Hooooo! Hohoho!" Après tout, c'est ça Hollywood.





Notation

Réalisation : 9/10

Plus je fais de chros, plus je me dis qu'il faut que je sépare la réalisation des effets visuels. Qu'on s'entende bien. Gareth Edwards est un très bon graphiste. Il a la capacité à créer des ambiances visuelles, des effets de profondeur et de donner du volume à son oeuvre graphique. Il a aussi la bonne idée de rendre quelques petits hommages aux icônes, comme ce petit traveling partant de la vitre d'un véhicule qui rappellera forcément la scène du T-Rex de Jurassic Park. En dehors de ça, c'est pas Hitchcock non plus. Disons simplement que le réalisateur de ce film était le pion d'une grosse machine hollywoodienne, et qu'en tant que réalisateur son boulot était de rendre l'image très jolie. mission accomplie.

Son : 6/10

Petite déception à vrai dire. J'attendais du cri de Godzilla de me figer sur place comme celui du Tyrannosaure puisque j'évoquais à l'instant Jurassic Park. Son "Wiiiiiiiiiiiiiiiii-iiinrhhh" ne restera pas forcément dans les annales et c'est dommage. Idem pour les MUTOs qui auraient pu avoir un bruitage un peu plus effrayant que ce "claclaclac" finalement banal. Quant à la BO, le thème principal est légèrement répétitif, et pas forcément mémorable non plus.

Scénario : 4/10

L'effort de mise en contexte est louable. La scène d'intro en hélicoptère sur un site de fouille rappelle là encore JP, la scène de la centrale implique tout un questionnement sur la dangerosité de l'énergie nucléaire, les démons qui habitent le personnage de Bryan Cranston sont terriblement bien imaginés, et la tension monte progressivement jusqu'à la première confrontation avec le MUTO... Et puis le soufflé retombe d'un coup. Comme si le scénariste arrivé à la moitié de son script avait lâché son ordi pour ouvrir le coffre à jouets de son fils et bruiter des "Piou piou! Crash! Braoum! Ratatatatatata!" avec la bouche, une figurine dans chaque main.

Interprétation : 5/10

Pas facile de noter des acteurs qui ne font RIEN. Un peu comme si vous aviez acheté la dernière télé Samsung 70 pouces 4K mais que vous comptiez regarder la VHS de vos vacances à Antibes dessus. Ken Watanabe, Bryan Cranston passent leur temps à faire un joli grand rien ultra productif *irony inside* quant à Aaron -Bidasse- TJ on a du mal à croire que son regard bovin ait été si convaincant dans Kick Ass, parce que lui, non seulement il fait rien, mais en plus il le fait en ayant l'air con comme un balai à chiottes. On passe sur les "rien" de l'armée américaine incarnés par autant d'acteurs tertiaires vus dans dans seconds rôles de séries ou de films Z, qui font rien, mais avec seulement 2 lignes de texte.

Note Générale : 6,5/10

On l'aime bien Godzilla. Il est grand, il est sympa, c'est un gros nounours d'écailles qui crache du feu nucléaire, et qui (spoiler alert) pète la gueule des meychants MUTOs avec une bonne grosse classe bien badass, et qui en plus le fait dans une ambiance graphique franchement réussie. Le problème, c'est que l'équipe du film a jugé inutile d'embaucher des scénaristes. Mais comme à Hollywood ces dernières années ils sont a peu près aussi prisés sur les block busters qu'un ingé son sur un film muet ou un décorateur sur un film d'animation, on se contente du minimum syndical "T'vas prendre ta claque graphique dans la gueule alors fais pas chier". Bon, soit. Film pop corns quoi.




"Ret them fight!"


9 mai 2013

Jurassic Park

Jurassic Park

Steven Spielberg
1993

Film : Américain
Genre : Science-fiction aventure dinosauresque
Avec : Sam Neill, Laura Dern, Jeff Goldblum




Synopsis

John Hammond est en effervescence quelques semaines avant l'ouverture de son nouveau parc d'attractions situé sur une île dans le Pacifique, au large du Costa Rica. Face au scepticisme des actionnaires qui veulent des garanties sur leur investissement, il consent à faire venir plusieurs experts sur l'île pour qu'ils donnent leur aval à la viabilité du projet. Hammond part donc chercher le Pr Alan Grant et sa collègue Ellie Sattler, éminents paléontologues pour qu'ils parrainent le parc. C'est donc accompagné de l'avocat d'Hammond, de ses petits enfants et du Pr Malcolm, théoricien mathématique qu'ils pénètrent dans Jurassic Park, pour découvrir stupéfait que le vieux mécène a réussi à cloner et ramener à la vie, plusieurs espèces de dinosaures, pourtant éteintes depuis plus de 65 millions d'années.

Avis

Je replace brièvement le contexte. Nous sommes en 1993. Moi? J'suis un gamin de 7 ans, et comme pas mal de gamins de 7 ans, je kiffe les dinosaures. A l'occasion d'un film, je vois une bande annonce. Des mineurs creusent la roche pour finalement découvrir de l'ambre où un moustique est piégé. Quelques images très très furtives de dinosaures et... Un titre, et un logo. Jurassic Park.

Si à 7 ans, je ne suis pas sûr que le nom de "Steven Spielberg" m'ait beaucoup parlé, cette bande annonce, ce premier trailer si énigmatique qu'il soit, même, m'avait garanti de la force et de la puissance que ce film allait avoir sur un minot fana de dinos. Quelques semaines plus tard, le film m'avait prouvé raison. Jurassic Park était bel et bien la claque attendue.

Seulement voila, ces charmants souvenirs datent de 20 ans, beaucoup de choses ont changé dans le cinéma en deux décennies. Les images de synthèse ont tellement évolué, quand on voit les claques graphiques qui peuvent nous filer des Avengers ou des Prometheus, on se dit que la 3D de 93 doit être un peu désuète, non? A vrai dire, le jugement d'un gamin et celui d'un adulte sur un film diffère sûrement pas mal.

Et bien non. Honnêtement, JP n'a pas pris une ride. D'une part, c'est l'un des meilleurs Spielberg (même si la liste des "l'un des meilleurs Spielberg" est longue) où on y retrouve toute sa maestria de la mise en scène, le lyrisme de la musique de John Williams, et les thèmes chers à Steven avec l'enfance, l'héroïsme dans les mains et le coeur d'hommes et de femmes ordinaires, et bien sûr, ce sens quasi surnaturel de la dramatisation des scènes clés autour des grosses bébêtes.


Les premières minutes donnent déjà l'occasion de profiter de la superbe du réalisateur, comme avec ce plan où l'hélicoptère d'Hammond descend se poser devant une cascade, ou bien le gros plan typique chez Spielberg sur ses acteurs ouvrant des yeux comme des soucoupes devant un troupeau de Brachiosaures. Mais, mais, mais, le premier moment époustouflant, au sens propre, c'est la scène du T-Rex. La tension grimpe progressivement, surtout qu'elle est précédée d'une petite séquence émotion avec un autre dino bien plus sympathique. Digne des meilleurs films d'horreur, tout y est pour scotcher le cinéphile dans son fauteuil, agrippant nerveusement la mousse tweedée de l'accoudoir.

Spielberg orchestre chaque seconde, chaque angle de vue, s'assurant un rendu quasi identique entre les plans de dinosaures en animatroniques (et non pas "auto-érotique" comme dirait Gennaro) et ceux en images de synthèse. L'aspect général, malgré un léger flou sur les CG de mouvement, est impressionnant de réalisme pour un film de cet âge là. La qualité du script, et ce malgré quelques incohérences mineures, fait le reste. On passe de l'émerveillement à la peur, du soulagement à la haine, du rire aux hoquets paniqués, et tout cela sans se sortir de l'immersion dans laquelle nous plonge Steven, jusqu'à ce final sur un soleil couchant, moment ou on se dit "déjà?" dans un premier temps, puis "encore!". Yes. It's that good.

Est-ce vraiment si bien? Vraiment? Ne peut on pas trouver à y redire? Et bien, oui, oui, et non. J'insiste. Jurassic Park était une leçon de cinéma. Si je n'étais pas capable de m'en rendre compte à l'époque, trop excité par l'idée de voir des dinosaures plus vrais que nature bouffer des gens, aujourd'hui je persiste et signe. Qu'il s'agisse du scénario de Michael Crichton, adapté de son propre roman, mettant en relief chaque situation l'une par rapport à l'autre pour donner au film ce rythme typique de Spielberg entre moments ébouriffants et accalmies oniriques, ou les effets de lumière destinés à souligner l'ambiance des lieux, peut être encore le jeu des acteurs, y compris les enfants, ni cabotins ni trop lisses... Si la carrière de cinéaste vous branche, il ne reste plus qu'à prendre un calepin et noter. Ce plan ou la caméra se porte de Jeff Goldblum dans la voiture pour descendre jusqu'à son reflet dans une flaque d'eau tremblant sous les pas du T-Rex. Celui ci ou un traveling circulaire autour de la voiture montre les enfants émerveillés derrières les vitres reflétant un ciel nuageux. Ou encore celui là, en contre plongée où le visage de Muldoon est presque caché par le canon de son arme en très gros plan.

Et la 3D alors? Assez sceptique sur la capacité des studios à adapter les grands classiques en 3D, malgré un bon Titanic 3D l'an dernier, je l'étais encore plus en voyant la bande annonce dont la qualité des images en relief paraissait assez ratée. Fort heureusement, après quelques effets de 3D maladroits, surtout au début du film, on se retrouve finalement aspiré par la qualité de la réalisation a un tel point qu'on ne se rend même pas compte que la 3D passe plutôt, voir même très bien. Sans avoir la profondeur des films actuels tournés avec la technologie 3D, certaines images ressortent admirablement, renforçant le contraste dans la composition des plans. Et puis franchement, 3D ou pas 3D, JP sur grand écran c'est absolument indispensable.



 
Notation

Réalisation : 10/10

J'ai envie de donner la plus belle note à Steven Spielberg. Monsieur Spielberg a déjà plusieurs Oscars sur sa cheminée, alors je me doute bien que mon avis lui fasse une belle jambe, mais il faut savoir reconnaitre le talent et la maitrise quand elle est là. Jurassic Park représente la quintessence d'un film réussi. Certes c'était un blockbuster, certes c'est plus facile de faire des bons films quand on s'appelle Spielberg et que les producteurs sont près à "dépenser sans compter" (pas trop quand même non plus, ça reste des producteurs) mais Spielberg aussi s'est raté par moment. Lui aussi, il a fait des navets et des plantages sur toute la ligne. Ouais, mais celui là, c'est pas le cas. L'ambiance, la tension, la photographie, l'orchestration, tout ça va dans le même sens. La qualité. Et quant aux effets visuels... Mazette! Ils ont 20 ans, vraiment? Peut être moins clinquants qu'un Transformers 3, ils n'en restent pas moins une réussite totale favorisant l'immersion.

Son : 9/10

Que dire de John Williams? Bon, si on veut l'attaquer, on a qu'à dire que ce n'est pas très original. De la musique philharmonique soulignant chaque moment marquant du film, donnant le la des émotions à adopter, comme dans ET, comme dans Indiana Jones, comme dans Rencontre du 3e type, comme dans Star Wars aussi évidemment... Mais vous savez quoi? Ca marche. Et puis il y a les bruitages, surtout les cris des dinosaures. L'avantage, c'est que le rugissement d'une bestiole éteinte depuis 65 millions d'années, y a pas grand monde pour en parler, même Pierre Tchernya. Du coup, le rugissement du T-Rex ou ceux des Raptors ont quelque chose d'exotique, d'inconnu, de redoutablement bestial aussi, et collent parfaitement à l'idée qu'on se fait d'un prédateur suprême. Ca aussi, ça fait partie des trucs qui te vissent le cul dans ton fauteuil quand t'es au ciné.

Scénario : 8/10

Écrivain brillant passionné de techno-science-fiction et de cinéma avec lequel il collabora beaucoup, Crichton était un excellent scénariste dont Jurassic Park est resté à mon sens une pierre angulaire dans les scenarii de films d'action/aventure/sf/blockbuster/gloubiboulga. Si le principe même de clonage était encore un peu abstrait pour les masses il y a 20 ans, nul doute qu'il a aujourd'hui une certaine actualité. Et quand bien même on considèrerait le "comment" et le "pourquoi" de la recréation de dinosaures en laboratoire comme accessoires (ça serai une erreur, mais bon, les gamins comme moi à l'époque ça peut leur échapper de telles réflexions, par exemple) on se retrouve quand même avec une histoire superbement menée. Ok, l'enclos du T Rex passe du niveau du sol à un gouffre de 20m de haut en 5 minutes, ok, tout le monde se barre alors que le Parc reçoit ses premiers "clients test" mais à part ça, le script est quand même vachement bien ficelé.

Interprétation : 9/10

Pas de fausse note dans l'interprétation non plus. Sam Neill est jouissif, entre l'antipathie dont il fait preuve au début, son courage, et la relation qu'il noue avec les enfants, qui sont d'ailleurs eux aussi assez naturels (autant qu'on puisse l'être quand on est chassé par des dinos un peu plus vindicatifs que Denver) le reste du cast, Jeff Goldblum en chaoticien dragueur ou Bob Peck, le braconnier froid et méthodique, même les seconds rôles comme Samuel L Jackson, l'informaticien fumeur, tout le monde trouve sa place dans ce film, très certainement brillamment dirigés par Spielberg.

Note Générale : 9/10

Peut être qu'en 93, il méritait carrément 10. Bien que n'ayant pas pris une ride, bien qu'impressionnant en tout point, graphiquement, musicalement, et vraiment actuel dans les thèmes abordés, on ne peut néanmoins pas assurer que c'est le meilleur film de l'année, tout simplement parce qu'il a déjà un historique, et qu'il garde une empreinte de son temps, indélébile. Malgré cela, JP est, et restera la claque que j'avais reçu en 1993 en allant le voir pour la toute première fois. Un film impeccable à montrer dans les écoles de cinéma avec la légende "voila comment faut faire si tu veux mettre une monstrueuse torgnolle dans la gueule de ton audience". Un dernier mot, pour ceux qui restent sceptiques et qui me diront "Mais pourquoi j'irai voir un film de 93 au cinéma quand je peux en voir un récent?" à ceux là je dis "Allez y quand même", et quand vous l'aurez vu, je vous renverrai à la citation en fin de critique, là, juste là, sous la photo.




"Boy, do I hate being right all the time"

22 avr. 2013

Oblivion

Oblivion

Joseph Kosinski
2013

Film : Américain
Genre : Science-fiction post-apo largement référencée
Avec : Tom Cruise, Morgan Freeman, Olga Kurylenko




Synopsis

En 2017, la Terre a été attaquée par les Chacals. L’Humanité a vaillamment combattu pour gagner la guerre, mais la terre était ravagée, ne lui laissant pas d'autre choix que d’immigrer sur Titan. Seuls restent sur Terre Jack et Victoria, deux techniciens chargés de la maintenance des drones surveillant les stations de pompage qui convertissent l'eau de mer en énergie pour le Tet, la station spatiale qui emmènera la race humaine sur sa nouvelle planète d'adoption. Mais Jack qui arpente la seule zone non irradiée de la Terre aux alentours de New York pour y réparer les drones, ne semble pas enclin à vouloir quitter sa planète à la fin de sa mission, malgré la dévastation et les Chacals qui le prennent toujours pour cible, des années après la fin de la guerre. Comme si quelque chose, ou quelqu'un le retenait ici bas.

Avis

Pas vraiment encore une référence du cinéma de SF, Joseph Kosinski a néanmoins un sens de l'image assez particulier. Oblivion est à l'origine un roman graphique qu'il avait imaginé en 2000. En ce sens, le film qu'il en tire est à l'image d'un univers de science fiction imaginé par un jeune de 25 ans, passionné de SF et de graphisme. Post-apocalyptique, esthétique, et ultra référencé.

Post-apocalyptique, oui, car le XXIe siècle est un monde cyber-punk où la menace de destruction totale de la planète est un enjeu majeur qui marque tout particulièrement la jeunesse dont les espérances se sont nettement réduites par rapport à celle de nos aïeux. Le monde d'Oblivion est pessimiste: l'Homme a gagné, mais à quel prix? Celui de sa planète, son foyer... Les vestiges de la civilisation se retrouvent ici ensevelis, dévastés, démantibulés. Et le contraste de la Tour où vivent Jack et Victoria, perchée sur les cimes, immaculée souligne l'infinitésimale bulle de modernité et d'espoir qu'il reste à cette planète. Mais cette bulle parait froide et lointaine. A l'image du Tet.

Esthétique, car la façon de filmer cet univers froid, ses paysages sauvages d'une nature ayant balayée presque totalement les vestiges de l'Humanité, et les effets spéciaux à la fois sobres et vraiment bluffant, relève d'une recherche constante de l'image, digne d'un graphiste de formation apportant son oeil sur le moindre détail, le moindre effet de lumière pour un résultat vraiment léché.

Ultra référencé, parce que malgré la maitrise globale, chaque plan, chaque idée, chaque minute presque du film, est un hommage plus ou moins flagrant à la grande famille du cinéma de SF et plus largement à celui de Tom Cruise auquel le réalisateur s'amuse à glisser quelques clins d'oeil. D'une part, l'univers ne manquera pas de rappeler La Planète des Singes, les Chacals eux sont des sortes de Predators, mais mis en scène comme des hommes des sables de SW, scrutant leur proie de loin avant de l'encercler, la Tour, les drones et le Tet ont quelque chose de Kubrikien, presque effrayants, (une impression de 2001 qui se confirme vers la fin du film d'ailleurs), et sans entrer dans le détail on peu citer pèle mêle d'autres clins d'oeil à The Island, Independance Day, Blade Runner, Moon, de multiples autres images faisant penser à la saga Star Wars, et pour ce qui est de la carrière de Tom Cruise, un chouia de Top Gun avec la poursuite en aéronef, les lunettes ou la moto, du Mission Impossible au début... Et je vous jure que dans tout ça la liste n'est pas encore exhaustive.

Du coup, que faut il penser d'un film comme ça, qui se borne à reprendre des idées à droite à gauche, des plans à tel ou tel film, des lignes de scénario chez telle ou telle référence? Hurler au plagiat et décréter de facto l'inintérêt de ce long-métrage? J'ai préféré y voir une foule d'hommage plus ou moins dissimulés et l'histoire écrite par un jeune d'une vingtaine d'années et qui a la chance de la porter sur grand écran avec un budget colossal quelques 15 ans plus tard. Car si Joseph Kosinski n'est plus un jeune rêveur, son histoire, à l'instar de Luc Besson quand il ébauche le Cinquième Element, elle, date de ses plus jeunes années, et synthétise toutes les influences qu'on y accumule.

En contre-partie, Oblivion récuse une âme qui aurai transporté un bon film de SF au panthéon du genre. Bien que le pari de faire un film plus posé que ce qu'on a l'habitude de voir soit notable, et que d'ailleurs l'équilibre soit bien trouvé entre calme et action (sauf au début) l'absence de réelle "killer idea" ou d'un truc en plus laisse Oblivion au niveau des divertissements très sympathiques, avec une petite mention pour son côté esthétique.




Notation

Réalisation : 9/10

Il faut avouer que le film est beau. Décors et paysages magnifiques, images de synthèse particulièrement réussies, ambiance de Terre meurtrie et désolée vraiment palpable, la réalisation de l'Américain est quasi exempt de reproches. Le coucher de soleil et de Tet sur la Tour 49 laisse rêveur, et on s’imaginerait bien contempler celui ci depuis la piscine en charmante compagnie, je vous l'accorde.

Son : 8/10

La bande son des français de M83 est plutôt discrète, mais passe bien. C'est vrai qu'elle manque parfois d'originalité, me rappelant par moment celle du jeu Mass Effect, mais elle colle à l'ambiance minimaliste et épurée que laisse transparaitre la plastique des images. Et puis même si c'est un peu kitch, Procol Arum et Led Zep c'est cool.

Scénario : 6/10

Sans être sans surprise, le scénario se montre souvent convenu. Les références à nombre de classiques de la science fiction ne sont pas seulement visuelles, et on les retrouve aussi dans l'écriture. Par ailleurs l'histoire ne passe pas à coté de certains clichés franchement ringards qui mettent en scène un Tom Cruise en chemise à carreaux par exemple, ou une demande en mariage scabreuse...

Interprétation : 7/10

Tom Cruise est étonnant de sobriété dans ce film. Moi qui craignait le voir en mode méga super héros seul au monde façon Bruce Will-is Smith, le voila plutôt réservé, pas trop trop bogoss (même s'il a des gonzesses toujours deux fois plus jeunes que lui) il est bien dans ses baskets dans ce rôle au final. Quant au reste du casting, peut être moins mis en valeur par le scénario (dommage que Nikolaj Coster-Waldau garde son coté side-kick badass mais qui s'illustre à peine) moi je retiens quand même le charme d'Andrea Riseborough dont la vivacité et l'expressivité contraste un peu avec Olga Kurylenko, palotte dans le film.

Note générale : 7/10

Oblivion ne sera pas le film de SF de l'année, surtout qu'on attend le second Star Trek, mais il reste une bonne surprise pour les amateurs du genre qui ne seront pas exaspérés par les références quasi continuelles et la convenance du scénario. Et puis, il a sa qualité visuelle pour lui, rendant l'ensemble franchement appréciable quand on n'en attend pas non plus l'impossible.




"That is one pissed off weapon!"

 

4 juin 2012

Prometheus

Prometheus

Ridley Scott
2012

Film : Américain
Genre : Science Fiction Glaçante
Avec : Noomi Rapace, Michael Fassbender




Synopsis

Parce qu'elle et son compagnon ont trouvé chez de nombreuses civilisations un point commun convergent vers un système solaire à deux années lumières de la terre, le Dr Elizabeth Shaw embarque à bord du Prometheus à la recherche des "géants", ces êtres qui ont, d'après sa théorie, conçu l'humanité. Néanmoins dans cette expédition, chacun semble se préoccuper de sa propre quête, et leur planète de destination où des vestiges d'une ancienne civilisation les attendent, semble se refermer peu à peu sur l'équipage comme un piège mortel.

Avis

Ridley Scott en Science Fiction, c'est deux films. Deux films seulement. Alien, 1979, et Blade Runner, 1982 (et je vous engage à aller relire dardar mes précédentes chros sur ces deux monuments) Monumentaux, c'est vraiment peu dire d'ailleurs aux vues des hordes de fans qu'ils ont engendré. Pour soutenir la comparaison monumentale, c'est un peu comme l'Empire State et le Chrysler building, si vous préférez. Et en annonçant son grand retour à une fresque épique de science-fiction, indépendante, mais incluse dans l'univers Alien, sous forme de prequel, et possiblement en deux épisodes... On attendait avec grande impatiente ces tours jumelles, espérant qu'elle ne finissent pas par s'effondrer tragiquement.

Aujourd'hui, voici enfin sur nos écrans la première de cette possible duologie, Prometheus. Le film s'ouvre, peu à peu, comme une rose noire, passé le printemps. La tension monte en flèche pendant une bonne heure, les références à la saga Alien sont partout, des frissons parcourent mon échine. Les révélations promises sont bien au rendez-vous, ainsi que les décors Giger-like, si chers aux fans. C'est glauque, pesant, léché, et foutrement envoutant.

Haaa, nous voila rassuré, Ridley ne s'est pas raté. Mais s'est il sublimé comme lorsqu'il sort Blade Runner en 1982, certainement sa plus grande réussite encore à ce jour? Hmmm... Oui et non. Oui, ce film est la plus grosse claque de ciné de SF depuis bien longtemps, certains diront depuis Avatar, mais n'ayant pas accroché à 100%, je citerai plutôt le pilote de Battlestar Galactica ou des choses comme Matrix et le Cinquième Element, baffes visuelles et scénaristiques en leur temps. Et non, parceque ce Prometheus ne tient pas toutes les prome(téu)sses que les fans se sont imposés à eux même dans un esprit d'espoir illusoire créé par leur propre imaginaire. Disons, il est vrai, que certaines questions restent terriblement en suspens, et ma conscience m’empêche de divulguer lesquelles pour ne pas spoiler la moindre miette du scénario (même si je crains d'en avoir déjà trop dit). Il est bien tôt pour parler de suite, mais cela a déjà été évoqué plusieurs fois par Scott lui même, et je vois mal comment ne pas envisager un second opus pour boucler la boucle de manière bien plus définitive que par la fin ouverte pleine de promesses de "plus".

En réalité, la deuxième moitié du film est plus frustrante car elle s'amuse à brouiller les piste et lancer plus de perches dans tous les sens que de vraiment répondre aux questions qu'on se pose. Ce qui renforce vraiment le sentiment de "deuxième moitié de première moitié" d'un grand film aux origines de la saga Alien. Plus encore que ce premier Prometheus, sa suite quelle qu'elle soit va être attendue comme la représentation ultime du messie cinématographique sur terre.

Le gros tour de force de Ridley par ailleurs, est de rendre hommage d'une part à son propre film, le tout premier Alien, mais également aux Aliens suivants, et même à d'autres classiques du cinéma de science fiction et de l'horreur comme The Thing par exemple, tout en reprenant une thématique revisitée par nombre de films et de séries, Stargate pour ne citer qu'une des plus connues. De ce point de vue là, le réalisateur anglais ne s'est pas privé de jouer dans le fan service pour attiser encore plus la curiosité des légions de fans qui l'attendaient au tournant.

Mais le souci c'est qu'à trop faire dans le fan service, et c'est le cas pour la plupart des films orientés de cette manière, on risque de perdre les néophytes. Bien que vraiment dans une "mythologie" à part, pour reprendre les mots du réalisateur, et plutôt réussi sur son aspect indépendant de la saga Alien, on se demande néanmoins comment les "non-initiés" à l'univers peuvent réellement appréhender ce film. Il y a trop de références, de pistes à explorer pour assimiler le tout sans un certain "back-ground".

De plus le sentiment de ne pas voir la fin du film au terme des deux heures est une frustration extrême pour le spectateur. Un peu à la manière d'Harry Potter et les Reliques de la Mort partie 1, on a l'impression d'assister à un intermède qui fait encore plus baver les fans. Efficace pour la fidélisation, mais maladroit. Au final, il n'y a que peu de révélations dans cet opus, qui a parfois donné l'impression d'être un teaser géant pour la suite.

Et puis il y a les niveaux de lectures. Tout un complexe de messages cachés en couches. L'histoire, la reflection meta-physique sur l'histoire, les thèses explorées pour ces questions méta-physique... Et la curiosité du spectateur le pousse à plonger plus profond dans ces strates. Et comme souvent, plus il plonge, plus il creuse d'autres interprétations que le réalisateur lui même n'avait peut être pas anticipé. Si le film n'est pas à prendre avec un sérieux académique, ce qui exclut d'emblée les théoriciens et les coincés de l'oignon, il apporte néanmoins son lot de questionnement sur l'humanité et le futur, ce en quoi il est vraiment l'égal des deux autres films de SF de Ridley Scott.

J'ai donc conscience que ce film en perdra certains dans les méandres de l'imaginaire, car il va trop loin. Pour d'autres il n'ira pas assez loins et ceux ci détesterons être perdus au milieu. Et puis il y a ceux qui savent apprécier la beauté graphique obscure de fin du monde de ce film. Les fans d'Alien, de Giger, de cinéma de genre, et de seinen manga. Sombre et élégant, ce qui rappelle forcément le premier Alien, Prometheus malgré ses imperfections marque fort et signe avec un brio certain le retour de Ridley Scott aux ténèbres de la Science Fiction.




Notation

Réalisation : 9,5/10

A quelques détails près, le réalisateur manque la perfection. L'ensemble du film a une classe folle, les effets graphiques sont époustouflants, la 3D est l'une des mieux réussies de ces derniers temps, le montage est sombre et réussi, le style de Scott est inimitable, et c'est avec ravissement qu'on retrouve des décors amplis de la nostalgie du film de 1979, couloirs asseptisés dans le vaisseau, interieurs glauques et charnels dans l'ambiance biomécanique sur la planète, brume mystérieuse et références omniprésentes, alors où le bat blesse-t-il? Ces détails, le rythme de la fin du film, quelques pistes mal explorées dans la réalisation qui tournent plus à la confusion qu'à la science infuse, et ce féroce sentiment que Ridley est déjà tournée vers la suite au moment de conclure son film. 

Son : 9/10

La bande originale est à l'image du premier Alien. Elle créer un décalage imperceptible entre l'image, sombre et glacée, et ses égarements émerveillés. Mais elle passe bien, car emprunte de mystère et de danger latent. Les effets sonores quant à eux, sans atteindre la perfection du rythme glaçant d'Alien, le Huitième Passager, sont au niveau d'un film de cette ampleur.  

Scénario : 7,5/10

Dur, dur, dur de noter ce scénario. Dans un premier temps, je ne rentre pas dans la polémique de l'histoire narrée, qui aura ses défenseurs et ses détracteurs, et je me penche sur l'écriture du film. C'est un modèle de quasi perfection sur la première moitié du film. Tout est là. Le rythme lourd, la lente montée d'adrénaline lorsque le groupe pénètre dans la pyramide... Les répliques de David, le personnage de Miss Vickers, bref l'introduction progressive de l'univers Prometheus est une réussite splendide tant dans la réalisation que dans l'écriture. Et puis, de la même manière que la réalisation se délite, le scénario suit cet exemple (ou n'est-ce peut être pas plutôt l'inverse?) et devient plus flou, plus confus, mais aussi moins convaincant. Pas moins terrifiant, cet aspect est sauf, mais le film finit avec un boulevard pour la suite qui tend presque vers l'inachevé. C'est bien de savoir qu'il y aura un autre film, c'est juste dommage d'avoir terminé celui ci de manière si abrupte.  

Interprétation : 9/10

L'ensemble du casting mérite qu'on lui tire le chapeau. Mais il y en a 3 pour qui c'est d'autant plus vrai. Noomi Rapace, car c'est le rôle titre, est une excellente actrice, et réussir à rappeler Ripley sans la singer n'était pas gagné d'avance. Bravo #1. Michael Fassbender, David. Un androïde en apparence plus simple et moins torturé que ses prédecesseurs (mais chronologiquement parlant sa déscendence) mais est-ce vraiment le cas? Le rôle semble parfait pour lui, tant il rappelle et Ash et Bishop, avec son petit truc en plus. "The trick, Mister Potter, is not minding that it hurts!" Bravo #2. Enfin Charlize Theron, glaciale et envoutante, presque autant qu'un Alien. Elle réussi la performance d'être un personnage secondaire de premier plan tant elle respire la classe et le charisme. Si son personnage n'a finalement pas un rôle déterminant, elle sait le rendre indispensable. Bravo #3.

Note générale : 9/10

Cri du coeur, on va encore me repprocher de ne mettre que des bonnes notes, mais comment ne pas être charmé par ce Prometheus? Certes il n'atteind pas vraiment le niveau des précédentes réalisation de Ridley Scott en Science-Fiction, mais l'univers se dévoile finalement à peine, et à nos donner un os à ronger en attendant la suite, on ne peut que constater qu'il est tout de même particulièrement savoureux! Oh oui, Prometheus, je vais retourner te voir, te revoir et te revoir encore.




"Are you a robot?"

7 mai 2012

Watchmen

Watchmen
Les Gardiens


Zack Snyder
2009


Film : Anglo-Américain
Genre : Film de super-héros déglingos saupoudré d'uchronie pré-apocalyptique
Avec : Patrick Wilson, Malin Ackerman
   
     
      
   
     
Synopsis
     
Ce lugubre mois d'Octobre 1985, commence par la mort d'un Comédien. Le Comédien. Depuis la dissolution en 1977 par le président des Watchmen, groupe de super-héros masqués luttant contre le crime, il travaillait pour le gouvernement de Nixon, ce qui laisse certains penser qu'il pourrait s'agir d'un meurtre politique. Rorschach, seul masqué à avoir refusé cette retraite anticipé, voit plutôt cela comme le signe qu'un mystérieux assassin s'en prend méthodiquement aux héros de la lutte contre le crime. Il est vrai que les Minutemen créés dans les années 30 ont, depuis qu'ils ont laissé le flambeau aux Gardiens, eu une trajectoire plutôt tragique dans l'ensemble et il n'en reste plus beaucoup à pouvoir témoigner de l'âge d'or des super-héros. Et alors que la guerre nucléaire entre les deux blocs menace plus que jamais, le Dr Manhattan mi-homme, mi-arme de destruction massive et bouclier antinucléaire au teint bleuté s'éloigne de plus en plus de la réalité de l'Humanité, poussant les autres Watchmen à reprendre du service pour lutter contre le crime tant qu'essayer de sauver la planète de la destruction totale.
     
Avis

Le comic book de Watchmen est un classique de DC Comics, au même titre que Batman ou Superman. Une œuvre extrêmement riche et débordante d'imagination, avec un univers uchronique savoureusement politiquement incorrect. Mais voilà. Sa trame narrative décousue a longtemps dissuadé un quelconque réalisateur de l'adapter. Ce n'est pas comme Batman où il suffit de piocher dans le sac des super-vilains, et ficeler une histoire autour de ça. Watchmen est un roman illustré. C'est une histoire profonde et particulièrement intéressante.

Mais à œuvre cultissime, le danger de l'adaptation est d'autant plus grand. Les films de super héros ont la cote depuis une bonne grosse dizaine d'années, en particulier grâce à Marvel qui a réalisé d'excellentes productions telles Spiderman, X Men, Iron Man, récemment les Avengers etc. DC n'était pas en reste avec le renouveau des Batman, et un nouveau Superman qui n'a pas forcément marqué les esprits même s'il était plutôt réussi. Du coup quand Zack Snyder annonce s'occuper de Watchmen, bon nombre de fan ont levé le sourcil.

Il faut dire que Zack Snyder a réalisé un film qui l'a fait entrer dans la légende. Plutôt trois cents fois qu'une même. Son style, si particulier semblait correspondre aux attentes à la fois des fans et des producteurs qui lui ont fait confiance, après que plusieurs projets d'adaptations aient été abandonnés.
    
Le résultat a un mérite, celui de ne pas laisser indifférent. Si les premières secondes laissent craindre un film avec une nouvelle fois bien trop d'images de synthèses, de ralentis et de combats chorégraphiés à l'excès, le sublime générique, et la pression retombant après coup nous libèrent de ces craintes. Le fait est que c'est très bien. Les décors sont glauques à soit, les personnages parfaitement réussis, et l'ambiance années 80 alternatives est vraiment au rendez-vous.
    
Mais alors que le film suit, je l'ai vu après avoir lu le comic, quasiment scène pour scène le roman illustré, le cinéphile commence à se demander où le réalisateur veut en venir. Certes, il doit introduire ses personnages, et au début ce n'est vraiment pas facile. D'abord il y a les héros des années 40, puis ceux des années 70, puis il faut comprendre qu'ils sont à la retraite...
   
Snyder nous laisse le temps de digérer son ambiance, et, à la manière de ces choses bonnes pour nous mais qui nous embêtes, comme un médicament amer, le film traine sur la longueur sur près des deux premiers tiers. Sur 2h40, c'est long!
   
Mais le fait est que le comic book est exactement sur ce format là. Durant plus de la moitié du roman, chaque chapitre est consacré à un des Watchmen, et l'intrigue peine à s'installer. Snyder a, et c'est preuve d'audace, décidé de coller strictement au comic, et se retrouve par conséquent avec les qualités de ses défauts.
   
En dehors de cela, il faut bien admettre, que même s'il adore en mettre plein la vue, le réalisateur sait ce qu'il fait. Le travail de la caméra est très soigné, celui des effets spéciaux l'est encore plus, comme d'habitude, et c'est surtout le talent avec lequel il insuffle une ambiance absolument identique à celle des années 80, mais en encore plus amplifiée par la réécriture de l'histoire, qu'on se croirait presque à l'aube d'une guerre nucléaire.

Par ailleurs, sans revenir sur l'écriture du comic, qui, elle, mérite certainement ses propres louanges, on est bluffé par la façon dont Snyder rend chacun de ses héros très humains. C'est l'attrait de Watchmen par rapport à un Super-man ou un X men. En dehors du Dr Manhattan, incarnation du méga-héros omnipotent sans défaut, si parfait qu'aucun autre auteur n'avait osé aller si loin dans les supers pouvoirs (mais sans le priver de ses propres défauts malgré tout) aucun autre Watchmen n'a de supers pouvoirs. Des gadgets, des réflexes et une force physique bien extraordinaire, certes, mais pas d'yeux laser, pas de griffes en adamantium, pas de pouvoirs divins etc.

Rongés par la bassesse de l'humanité, le film montre bien à quel point même les supers héros sont tarés au sens propre. Psychopathes, névrosés, ambivalents et mégalomanes à l'extrême, chacun est un panel de folie et un représentant grotesque de la lie de l'humanité, à commencer par le plus significatif d'entre eux, Rorschach.

Un soin tout particulier a été apporté à ce personnage si ancré dans la controverse et dans l'excès. C'est le sens encore en activité au début du film alors que tous les autres sont à la retraite, c'est le seul dont on ignore l'identité dès les premiers instants du film, et, sans avoir centré le film autour de lui, ce qui d'une part n'aurai pas été fidèle au comic, et d'autre part aurai été une erreur, c'est lui qui porte une bonne partie du film, la première notamment, si difficile à suivre, sur les épaules de son imper élimé.

Lorsque l'histoire s'emballe, que l'intrigue évoquée dans les débuts du film se dévoile, alors la fuite en avant est plus classique, et on assiste à un final de super héros, avec le super-vilain très vilain, et les héros cherchant à sauver la veuve et l'orphelin, bien que, rongés par leurs faiblesses, créant la dose de supsens indispensable à un final de cette nature.


Au final, en dehors d'une première grosse moitié, Watchmen passe avec beaucoup de facilité, et je recommande aux amateurs de se pencher sur le comique auquel la qualité du film doit beaucoup de par sa fidélité. Et pour ceux qui n'ont pas vu le film, je le conseille lui aussi avec pas mal d'enthousiasme, même s'il faut savoir faire la part des choses face à une pellicule aussi complexe.
    
   
               
    
  
Notation
   
Réalisation : 8/10

Zack Snyder est un surdoué des effets visuels. Il laisse à chacun de ses films son empreinte visuelle, et Watchmen annonce la couleur dès la scène d'introduction, et son somptueux générique qui suit immédiatement celle ci. Couleurs sépias sombres, jeux de lumières et de contrastes, le réalisateur joue volontiers avec les couleurs criardes du comic original, mais en les passant systématiquement dans un tourbillon de crasse et de poussière de charbon. Le résultat est saisissant. L'univers est glauque à souhaits malgré certains tons pastels et l'ambiance de crépuscule de l'Humanité est permanente. Première grande réussite! Dans ses cadrages, dans la symétrie des plans, dans l'utilisation du champ/hors-champ Snyder s'amuse aussi énormément pour marquer comme à son habitude le film. Sauf que. Sauf que à vouloir trop en faire, Snyder semble avoir une sorte de réflexe du débutant surdoué qui étale trop sa science. Les scènes d'actions sont entrecoupées de ralentis d'un effet douteux. Certes, depuis 300 c'est sa marque de fabrique, mais le résultat énerve plus souvent. Heureusement ces scènes ne sont pas trop nombreuses. De plus, le mélange si particulier à Snyder d'images de synthèse dans le décor ou dans les accessoires trouble un peu au début, mais on s'y fait. A mon sens, Snyder manque de la maturité nécessaire à affirmer son style, mais le résultat est malgré tout très plaisant.

Son : 9/10

L'Histoire de Watchmen s'inscrit, comme celle de beaucoup de comics par ailleurs, dans une époque. Celle de la guerre froide. L'histoire, en détournant la réalité historique de tous les événements des années 60 et 70 s'accapare également la bande son fidèle à cette double décennie, et ce sont Bob Dylan, Jimi Hendrix ou encore Simon & Garfunkel qui accompagnent les héros dégénérés de Watchmen. Pas grand chose à redire non plus sur les bruitages, bien qu'ils débordent parfois dans le bruitage de série B sur certains combats, mais c'est aussi le principe des films issus de comics.

Scénario : 7/10

Très fidèle à l’œuvre originale d'Alan Moore et de Dave Gibbons, le scénario du film est lésé par la discontinuité du scénario du comic. Certains verront cela comme une force, car son caractère très particulier conférait à Watchmen une réputation de comic inadaptable au cinéma, et le tour de force d'avoir gardé de la cohérence malgré les difficultés était une belle réussite, mais pendant 2 tiers du film, l'histoire peine à démarrer et c'est une galerie de portraits tous plus difformes et psychédéliques les uns des autres. Lorsqu'enfin la logique des enjeux prend forme, on est un peu déçu par le final et son caractère éphémère à côté du reste du film qui monte pourtant bien la mayonnaise pour un final grandiose. Certains penseront "tout ça pour ça?"

Interprétation : 7/10

Pas de grande star au générique, quelques visages familiers, et du talent, oui, mais rien pour donner à l'interprétation de ces héros un coté légendaire. Snyder a voulu coller à la BD et les acteurs s'effacent un peu derrière leur personnage. Certes, l'adaptation est plutôt réussie, les personnages sont eux aussi très fidèles à leur personnalité dans le comic, mais la prédominance de la personnalité des personnages supplante celle des acteurs. Encore une fois c'est très subjectif.

Note générale : 8/10

Watchmen est un bon film, voir un très bon film, mais un film qui partage. Certains y verront l'adaptation parfaite d'un comic culte, d'autre un film long et lent qui se mord la queue pour faire pshit à la fin. De même, si le style de Snyder est indéniablement une prouesse tant cinématographique que technologique, il partagera entre les pro effets graphiques et les contres. Sans être le meilleur film de Snyder, Watchmen reste, comme 300 l'une des bases du succès futur de se réalisateur, et le mieux pour vous faire votre propre opinion sur ce film si particulier, c'est de le regarder.
     
    

   
   
"None of you seem to understand. I'm not locked in here with you. You're locked in here with me!" 

30 avr. 2012

Star Wars Episode VI : Le Retour du Jedi

Star Wars
Épisode VI : Le Retour du Jedi

Richard Marquand
1983

Film : Américain
Genre : Saga spatiale mythique
Avec : Mark Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher






Synopsis

La Rébellion rassemble ses forces. Après l'attaque de l'Empire les rebelles concentre sa flotte pour mener une attaque frontale sur la nouvelle Étoile de la Mort, redoutable station spatiale de guerre, encore en construction, et dont les derniers travaux sont supervisés par l'Empereur lui même. Mais avant de pouvoir mener cet assaut, Luke, Leia et Lando doivent libérer Han du puissant Jabba qui le retient toujours sur Tatouine, emprisonné dans la carbonite.

Avis

Il est difficile à juger cet épisode. C'est l'apothéose d'une saga de légende, et en ce sens, il a une place forcément particulière dans le cœur de tous les fans. Par ailleurs, il oscille entre du bon, du très bon Star Wars, et du moins bon. C'est un épisode complexe avec plusieurs niveaux de lecture par rapport à sa qualité et à sa place.

Le premier tiers du film raconte la quête de Luke et de ses compagnons dans les bras de Jabba the Hutt, pour sauver Han Solo. Péripétie certes indispensable, ce passage du film donne plus l'impression d'être un épisode de série qu'une part entière du film. Si on était habitué à ce qu'il y ait plusieurs histoires différentes derrière la grande saga, celle ci a un caractère tellement singulier car elle a son début, sa fin et pas d'autre implication dans la suite du film si bien qu'elle devient particulièrement déroutante, et on voit 2 films différents.

Par la suite, entre scènes "wtf?" et batailles spatiales épiques, le Retour du Jedi distille néanmoins le quota d'aventures auquel on a été habitués. L'exotisme est au rendez-vous, la lune forestière d'Endor s'avérant propice au sentiment d'intersidéralité dans lequel nous transporte chaque épisode.

Il n'en reste pas moins que Le Retour du Jedi a un côté aigre doux, mi-savoureux, mi-"fait grincer les dents" lorsque, par exemple, on voit la tête ravagée par quelques années d'alcool et de drogue qu'affiche Mark Hammil. La Force est certes puissante dans la famille Skywalker, mais le manque de crédibilité est, semble-t-il passé d'Anakin à son fils. Qu'à cela ne tienne, le reste du casting a relevé un peu le niveau. Même Palpatine ne cabotine pas encore autant que dans la prélogie. Il est vrai qu'il a ses mimiques bien à lui, mais on va dire que ça fait partie du grotesque du personnage.

Toute la force de cet épisode réside en réalité dans le sentiment de conclusion imminente. Luke est un Jedi et part affronter Vador pour l'ultime combat. La Rébellion va elle aussi affronter une dernière fois l'Empire, et de cette bataille découlera le sort de la galaxie.  Quelque part, ce film est la conclusion en apothéose de la saga de 6 films imaginée par George Lucas.

Les révélations sont donc naturellement au rendez-vous, et la lutte entre le Bien et le Mal, plus féroce que jamais. Ainsi la bataille stélaire que se livrent les vaisseaux de l'Empire et ceux de la Rébellion est un moment mythique du cinéma de science-fiction, et vaut à elle seule la peine de s'accorder le plaisir de regarder encore et toujours ce film, qu'on en connaisse par coeur les tenants et les aboutissants, ou non... 









Notation

Réalisation : 7/10

Il y a une certaine classe dans certaines scènes. Lorsque Luke rejoint Vador, ou encore les passages dans le village Ewok. Pour autant, cet épisode VI n'a rien d'un chef d'oeuvre du cinéma de SF, surtout pour un film de 1983 à une époque ou ce genre était en plein boum. Les effets spéciaux ont toujours la classe, ce n'est pas le problème, mais la réalisation a perdu ce petit côté si particulier qui avait valu l'époustouflement du premier épisode.

Son : 8/10

S'il y a un domaine dans lequel Star Wars ne prend pas de rides, il s'agit bien de l'ambiance sonore et musicale. John Williams à la baguette, encore et toujours, avec les grands classiques fidèles au poste, et quelques compositions originales. Un effert a été fait sur les bruitages également pour les rendre de plus en plus "réalistes" et la bataille spatiale de fin ne souffre pas un seul instant du syndrome "piou-piou" une épreuve de force dans ce domaine. 

Scénario : 6/10

Soyons honnêtes, les révélations et le retournement final ne suffisent pas à compenser une écriture apauvrie par son caractère un peu décousu, et le peu de choses à raconter au final. Les scènes d'action sont nombreuses : courses poursuites, affrontements au sabre laser, guerrilla Ewok dans la jungle, mais la minceur du scénario se ressent malgré tout d'un bout à l'autre du film. 

Interprétation : 7/10

Mark Hammil a non seulement prit un coup de vieux, mais il a également le visage attaqué par un tas de substances néfastes à la santé. Sa crédibilité en tant que chevalier Jedi en prend irrémédiablement un coup, et on regrette forcément le fringant fils de fermier de l'épisode IV. Heureusement pour nous, le reste du casting rattrape un peu l'ensemble. Après avoir triomphé dans Indiana Jones, Harrison Ford est un autre homme, brigand au grand coeur plus subtil que jamais.

Note générale : 7/10

Le Retour du Jedi s'essoufle, mais la force de la saga lui redonne la vie. Pas forcément le meilleur SW, cet opus, comme chacun d'ailleurs, porte en lui un caractère mythique qui lui insuffle une aura particulière. Le final, plein d'émotion, l'intensité de la bataille spatiale, les Ewoks, tant de choses qui restent dans le coeur des fans (même si certains trouvent à redire sur les Ewoks, les scélérats!) pour faire de ce Star Wars la fin d'une saga qui a marqué comme aucune autre le cinéma de science fiction.








"It's a trap!"