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3 juil. 2012

American Beauty

American Beauty

Sam Mendes
1999

Film : Américain
Genre : Drame américain dans sa splendeur banale
Avec : Kevin Spacey, Thora Birch





Synopsis

Lester se réveille sur une autre jour de sa vie apathique, coincée entre un boulot ennuyeux à mourir pour ne pas soulever son caractère relativement inutile, et sa morne vie de famille qui, bien cachée sous une façade de banalité joyeuse est en réalité tout aussi ennuyeuse et inutile car sa place n'est pas celle d'un gagnant de la tombola de la vie. Mais Lester rencontre Angela, l'amie de sa fille Jane, qui redonne naissance à sa vie d'une manière qu'il croyait perdue depuis une vingtaine d'années.

Avis

Si on peut dire ce qu'on veut sur la cérémonie des Oscars, il y a des crus qui ne mentent pas. On remarque parfois que la postérité ne retient pas les films primés, trop ancrés dans un état d'esprit pour être intemporels. Mais certains savent tirer de cette mortalité l'essence qui les fait entrer dans la légende.

American Beauty, sur de nombreux niveaux est un film typique d'une époque, et d'un romantisme mélancolique qui a donné d'autres chefs d'oeuvres comme Requiem for a Dream la même année ou American History X. On y retrouve cette fresque d'une Amérique des classes moyennes qui cache ses irrégularité par une façade de normalité difforme jusqu'à ce que celle ci devienne grotesque, un peu à la manière de ces "family portraits" montrant l'époux régalien la femme dévouée et les enfants souriants sur fond uni.

Mendes va en réalité mettre chacun de ses personnages sur deux pieds d'égalité face à face, l'un "normal" et obligatoirement faux, et l'autre "freak", comme deux faces d'un miroir l'une bien propre sur elle, l'autre déformée, mais qui démontre bien que chaque être humain est anormal et unique à sa façon, et c'est là la beauté évoquée du titre du film, à la manière dont Angela, si effrayée par la normalité se veut splendide et extraordinaire.

Bien sûr, en toile de fond il y a cette critique acerbe de la société de la perfection à l'Américaine, incarnée de fort belle manière par le monde de l'immobilier dans lequel exerce la femme de Lester, Carolyn, et le plus emblématique de ses représentants, Buddy Kane qui admet ouvertement que pour draguer le succès il faut en renvoyer une image de réussite au préalable. Toute l'ironie et le cercle vicieux ce monde éléphantesque dans les cercles aisés de la banlieue américaine. Il fallait bien dépeindre le quotidien de ces bourgades tranquilles avant les Desperate Housewives.

Le personnage de Lester, au centre de l'histoire nous accompagne dans sa transition entre le paraitre et l'être, nous donnant au passage l'occasion de réaliser à quel point l'hypocrisie latente de son univers et sa futilité le menace, mais il nous rassure dès les premiers instants, le film se ponctuera par sa mort. Il nous le rappelle également avant le dernier acte, des fois qu'on ai oublié au cours du film son funeste destin, et qu'on ne soit ainsi pas surpris. Lester est un homme prévenant, n'est ce pas? Mais à la manière de la physionomie toute entière du film, la fin pouvant s’apparenter en en final tragique revêt dans son miroir déformant un caractère "happy", qui résume amplement toute la substance et l'intérêt de la double lecture du long métrage.

La facilité qu'a le réalisateur à faire passer son propos est sûrement imputable à la remarquable écriture du film qui ne se permet pas de fausse note, gardant toutes les informations à notre niveau, sans pour autant négliger la narration de l'histoire quotidienne et le ressenti de chacun des personnages, mais c'est aussi particulièrement grâce à l'aisance esthétique dont il fait preuve.

Couleurs de printemps et d'automne tout à la fois, le film semble s'étirer sur une longue mi-saison offrant une banalité graphique qui elle aussi se détache en détails d'une extrême beauté, représentée par le rouge vif, de la porte, des roses, des lèvres d'Angela... Ce code couleur pour représenter la beauté nichée dans un cocon de banalité douce amer comme une fraiche nuit de printemps sublime chaque plan du film même lorsqu'il n'est pas présent.

Le décor ainsi planté, les acteurs s'en donnent à coeur joie (plus au sens figuré néanmoins) car il ne leur reste plus qu'à faire de leur mieux pour convaincre de leur ambivalence et de leur beauté inexprimée. En cela, la quasi totalité du casting réussi haut la main, portés dans leur étrangeté par la puissance de l'ironie du choix des thèmes musicaux, dernier gros point fort du film.

Ainsi, se dotant de tous les atouts nécessaires à la réalisation d'un grand film, Sam Mendes signe son "Fight Club" avec brio, et ancre American Beauty dans le Panthéon des réussites à l'ambiance inimitable qui dégagent un parfum de nostalgie mélancolique.





Notation

Réalisation : 9/10

Tout en justesse et en maitrise, sans effets grandiloquents, avec un peu d'imagination, et de recherche de la beauté, Sam Mendes parvient à réaliser un film d'un grand esthétisme sans longueur malgré la fresque sociale qu'il dépeint, et ce pour un premier film. Congratulations. 

Son : 9/10

La bande son qui rappelle un peu les mélodies des Sims semble souligner la normalité des protagoniste, mais elle se révèle très touchante et juste pour la musique originale, autant que pour les morceaux emblématiques de chaque personnage ou le générique de fin. C'est juste super agréable à écouter.

Scénario :  9/10

Qualité d'écriture, qualité de l'histoire, qualité des personnages, le tout dans les règles de l'art avec une complexité ni trop profonde ni trop légère afin que chacun puisse lire entre les lignes sans pour autant comprendre le fin mot de l'histoire dès la sixième seconde, American Beauty est un modèle du genre qui prouve que le cinéma américain ne fait pas que dans le blockbuster débile.

Interprétation : 9/10

Kevin Spacey for the win! Récompensé d'un oscar à juste titre, l'acteur Américain incarne ici l'un de ses plus beaux rôles (malgré sa très impressionnante filmographie!) dans la peau de ce type banal qui passe sa crise de la quarantaine d'une manière finalement normale, aussi absurde qu'elle puisse paraitre. Heureusement, il n'a pas à en faire trop car qu'il s'agisse d'Anette Bening, de Thora Birch de Wes Bentley ou Mena Suvari, tous les acteurs sont justes et pile à leur place.

Note générale : 9/10

Si j'étais un chouia trop jeune pour le voir à sa sortie, je me rappelle l'effet que m'a fait ce film la première fois que je l'ai vu. Une sorte de frisson glacé a parcouru mon échine sur la dernière image de la banlieue sans histoires dans laquelle se déroule le script. Sans atteindre la perfection, ce film est simplement beau, comme son nom l'indique, dans tous les sens du terme. Particulièrement équlibré (ce qui lui valu 5 Oscars et 3 autres nominations, dans des domaines très différents, aussi bien techniques que scénaristiques et d'interprétation, mais surtout le doublé meilleur film et meilleur réalisateur) American Beauty se laisse regarder aussi bien dans les froides soirées d'hiver un fond du canapé, que lorsque l'air est, comme ce soir électrique. Un film dont le mérite n'est pas volé une seule seconde.





"I don't think there's anything worse than being ordinary"

31 mai 2012

Pulp Fiction

Pulp Fiction

Quentin Tarentino
1994

Film : Américain
Genre : Film de mafieux et de salauds chics
Avec : John Travolta, Samuel L. Jackson, Uma Thurman, Bruce Willis





Synopsis

Vincent et Jules roulent tranquillement dans les rues de Los Angeles, badinant sur la restauration rapide à travers le monde. Vincent et Jules se rendent allègrement sur leur lieu de travail. Puis Vincent et Jules font allègrement leur travail, celui d'hommes de main de Marsellus Wallace, patron de la pègre du côté d'Hollywood. Bien sûr, ce travail est un peu salissant, et ne se passe jamais trop comme prévu. Qu'il s'agisse de tenir compagnie à un boxeur, à des petits branleurs qui croient pouvoir entuber un mec comme Marsellus, ou un boxeur qui n'a pas vu qu'il était l'heure d'aller se coucher.

Avis

Lorsque sort Reservoir Dogs, Tarentino introduit son style. Ses histoires de voyous plus ou moins respectables, mais tous plus classes les uns que les autres. En 1994, avec Pulp Fiction, il réalise ce que beaucoup considèrent comme son chef d’œuvre. Le summum du genre. A travers plusieurs histoires, les pires crapules de Los Angeles semblent cohabiter à l'écran pour un festival de répliques cultes et scènes d'une grande cocasserie. C'est fluide, c'est grinçant, bref c'est Tarentino.

Et il est vrai que depuis Pulp Fiction, Tarentino n'a pas réussi à faire ne serai-ce qu'aussi bien en terme de dialogues et de comique de situation. Mais là... Là... Commençant son histoire dans un family restaurant (encore) avec une ptite frappe jouée par Tim Roth, la poursuivant avec les questionnements philosophiques de Vincent sur l'implantation de Mc Donalds en Europe avant d'assister au sermon du "prêtre" Samuel L. Jackson... Tarentino nous balade dans son univers fait de petits malfrats aux visages bien connus du cinéma hollywoodien. Harvey Kettel, Bruce Willis, Quentin Tarentino lui même... Ce Los Angeles ressemble d'avantage à une grande famille qu'au sombre univers de la pègre auquel il doit ressembler "en vrai".

Et c'est dans ce sentiment de sympathie et de camaraderie cocasse entre les morts, les flingues, la drogue et l'argent sale qui créer ce décalage dont Tarentino est si fan, qu'on se sent à l'aise avec des personnages pourtant peu fréquentables. Lorsque Vincent et Jules se retrouvent en t shirt délavé du dimanche, ce ne sont plus ces tueurs froids. Et pourtant si. L'ambivalence et le décalage, la clé du succès du cinéma de Tarentino.

Mais en dehors de son écriture loufoque et maitrisée, le réalisateur parvient également à donner une belle leçon de photo/cinématographie. Poursuivant sur la lancée de Reservoir Dogs, les plans sont lents, contemplatifs du "charme" assez particulier de Los Angeles, de ses endroits insolites, night club de mafieux, chambre de motel, cave assez bizarrement équipée, restaurant ambiance fifties avec Marylin et Buddy Holly en serveurs etc etc. L’œil de Tarentino se perd sur les détails avec cette nonchalance, ce cynisme loufoque qui a fait la gloire de ce réalisateur.

Évidemment, revenir sur le scénario est assez compliqué. Pas qu'il n'y ait pas d'histoire non. Disons plutôt qu'il n'y en a pas qu'une. Le titre, s'il me paraissait énigmatique il y a quelques années avant que je vois enfin ce film, prend quelque part tout son sens lors du visionnage. Ambiance pulp, référence à ce ciné pop-corn, sans queue ni tête, mais dont les histoires entrelacées donnent une cohérence à l'ensemble. Comme une partie de mikado ou un crumble pomme bananes.

Le résultat après les deux heures et demi, c'est qu'on a le sentiment d'avoir eu en face de soi un monument d'écriture, le réalisation et d'interprétation. Une sorte d'effet kiss cool qui file la banane. Tarentino ne réinvente pas le cinéma, mais il a une sorte de manière de faire ses films en décalé. Presque comme s'il était le cubiste du cinéma américain. La créativité, le décalage et dès ce deuxième film, la maturité.  





Notation

Réalisation : 9/10

En poursuivant sur une lancée déjà fortement prometteuse, Quentin Tarentino accouche ici d'un film réfléchit, au montage et à la réalisation posés. Ses plans séquences de dialogues au cœur des intrigues et des principales scènes rendent le film très vivant et contribuent à cette exaltation de tous les instants, qu'on soit dans les moments légers ou dans les moments dramatiques.  

Son : 8/10

Là encore, c'est en optant pour une bande son rock, ni trop calme ni trop agitée, et toujours groovy, à l'image de l'emblématique thème de Misirlou qui ouvre le film, que le réalisateur parfait l'ambiance un peu messed up et surréaliste de bon nombre de passages ubuesques.

Scénario : 10/10

L’incommensurable talent de Tarentino dans ce film, c'est de raconter une sorte de quotidien décalé, avec une nonchalance presque candide. L'histoire... Il n'y a pas vraiment d'histoire. Le scénario? Si, si il y a bien un scénario. Une écriture légère et pesante, tout à la fois. Des situations cocasses plus délectables les unes que les autres. Un très grand savoir faire dans les dialogues, comme souvent chez le réalisateur, et au final un divertissement pur comme grande leçon de cinéma de Gangster, Tarentino-like.  

Interprétation : 9/10

Sans être le plus familier avec la carrière de Travolta, c'est certainement son meilleur rôle, ou en tout cas, il n'a pas fait mieux depuis. Mais tout le casting mérite le détour. Samuel L. Jackson, qu'on adore toujours autant réussi le tour de force d'être classe avec une afro, une moustache et un t-shirt de plage lorsqu'il brandit son Colt .45, Bruce Willis, savoureux en boxeur qui refuse d'aller dormir, Uma Thurman envoutante au possible, Harvey Kettel hilarant, et nombreux sont les rôles secondaires à respirer la justesse et baigner ce film dans une douce ambiance de crédibilité absurde.

Note générale : 9/10

Lorsque vous mettez le dvd ou le blu ray dans votre lecteur, et que vous savez à quoi vous attendre, de base, vous avez la banane. Les deux heures trente qui vont suivre seront sucrées acidulées, juste ce qu'il faut pour titiller votre satisfaction cinématographique, ni dans la démesure, ni dans l'intellectualisme coincé. Et si vous ne savez pas à quoi vous attendre, le sourcil curieux va rapidement se transformer en arcade de ravissement étonné. Pulp fiction, c'est un vrai pulp, mais avec le sucre du cinéma moderne, bien secoué dans une grande bouteille pour que ça reste pas en bas.





"I'm Winston Wolfe. I solve problems"


 

12 févr. 2012

Star Wars Episode I : La Menace Fantôme

Star Wars
Episode I : La Menace Fantôme

George Lucas
1999
  
Film : Américain
Genre : Saga spatiale mythique
Avec : Liam Neeson, Ewan McGregor





Synopsis
   
La République Galactique connait un incident diplomatique qui met les ronds de cuir du Sénat au pied du mur : la puissante Fédération du commerce soucieuse de faire appliquer des taxes exorbitantes oppose un embargo à la pacifique planète Naboo dirigée par la jeune Reine Amidala, et menace militairement son peuple pour qu'elle signe une un traité justifiant l'occupation de son monde par les troupes droïdes de la Fédération. Qui Gon Jin et son padawan Obiwan Kenobi sont chargés de mener l'enquête pour le compte du conseil des Jedi, lorsqu'ils rencontrent sur Tatouine un petit garçon, Anakin Skywalker chez qui la force est anormalement puissante.

Avis

On ne présente plus la saga de George Lucas, et ses milliards de bénéfices engrangés en films, éditions DVD, blu ray et moult moult produits dérivés. Avant d'être un business lucratif, Star Wars reste néanmoins deux trilogies de films de SF catégorie Space Opéra, l'une originalement sortie à partir de 1977, puis la trilogie préquelle revenant sur les origines de l'Empire et des principaux personnages au rang desquels Dark Vador, emblématique méchant de la saga qui était avant de devenir le Sith le plus puissant de la galaxie lointaine, très lointaine, un jeune garçonnet des rêves plein la tête, comme tout un chacun, mais aussi un valeureux chevalier Jedi par la suite.

A l'occasion de la ressortie en 3D avec quelques ajouts mineurs de ce premier épisode au cinéma, attardons nous sur cette saga de légende, en commençant donc par le tout premier chronologiquement parlant. Si dans les années 70-80, Lucas avait évoqué l'histoire précédant les épisodes IV V et VI, il faut attendre la Menace Fantôme pour la découvrir précisément. Cela signifie donc que le scénario est tenu de suivre des grandes lignes mais on constate qu'il s'avère tout de même extrêmement accessible aux néophytes.
   
L'autre particularité d'un film sortit à la fin des 90's c'est qu'il bénéficie des évolutions majeures en terme d'effets spéciaux numériques opérées dans les années 90. Entre le Retour du Jedi et la Menace Fantôme, il y a Jurassic Park, The Mask, Titanic ou le Cinquième Élément. Un bon de géant dans la représentatif de la Science Fiction qui a somme tout révolutionné le cinéma et la façon de faire des films (et de gérer son budget de producteur aussi, mais bon) Du coup la Menace Fantôme ne lésine pas sur les effets numériques, même si ça n'est rien à coté de la suite de la trilogie. La course de pods, la cité sous-marine, ou l'armée droïde sont une preuve de l'intérêt de Lucas pour la claque visuelle.
   
J'en profite pour évoquer la 3D de la version actuellement au cinéma: par moment franchement réussie, elle reste vraiment anecdotique sur 90% du film où elle donne à peine plus de profondeur au champ que les copies 2D. Mais voir se détacher le visage grimaçant de Darth Maul en 3D, ça n'a pas de prix, c'est vrai.

Alors à l'époque j'avais grandement apprécié le coté spectaculaire, car c'est vrai que george Lucas sait raconter sa saga avec force de divertissement, mais avec le recul certains points importants me laissent plutôt tiède. Attaquons le vif du sujet sans détour, quitte à troller: La Menace Fantôme est le plus mauvais Star Wars des 6 épisodes. Alors c'est peut être un simple avis, mais je m'explique.
   
Le scénario dans un premier temps est... Naïf disons. Autant le scénario des 3 épisodes de la trilogie moderne mis bout à bout est bien ficelé et raconte avec une fatalité implacable le fourbe plan des Siths et la chute du coté obscur d'Anakin, autant cet épisode I tout seul est franchement sommaire, presque enfantin. Il y a une princesse, enfin, une Reine, mais une Reine jeune, très jeune, protégée par des chevaliers et un palefrenier galactique de 9 ans qui tape dans l'oeil de la belle Princesse/Reine avant de sauver la Reine et son peuple sur son destrier galactique... Oui, vu comme ça il y a un coté Disney à cet Episode I. Et j'aime pas Disney.

Par ailleurs George Lucas n'évite pas les écueils d'une chronologie par moments flous, sur l'âge d'Obiwan par exemple, qui prend un sacré coup de vieux quand même entre la première et la seconde trilogie alors que tout au plus 30 ans se passent entre l'épisode I et l'épisode IV. Mais admettons, car mine de rien la transition d'une trilogie à l'autre passe plutôt bien, et de toute façon on se concentre ici sur cet épisode. Celui ci est scindé en 2 parties, la première sur Tatouine essentiellement, et tournée vers Anakin, afin de démontrer comment le terrible Dark Vador était autrefois un bout d'chou à la bouille ronde et aux cheveux ébouriffés. C'est gentillet, mais un peu trop artificiel, d'autant que Jake Llyod cabotine pas mal. Bien sûr que c'est pas facile de tourner avec des enfants, mais il y a tellement de talents précoces chez l'Oncle Sam qu'on regrette que Lucas ne se soit pas accordé les services d'un enfant star un peu plus talentueux. Là encore admettons. D'autant que les têtes d'affiche sont particulièrement douées d'autre part.

George Lucas nous perd en revanche sur certaines idées farfelues comme les midi-chloriens (wtf oO?) parceque même s'il en avait l'idée parait-il depuis la trilogie initiale pour expliquer l'origine de la Force, l'explication parait sortie du chapeau et Anakin de conclure l'explication de Qui Gon par "je ne comprends rien..." réaction particulièrement partagée par le spectateur lorsqu'il entend cela pour la première fois! Anakin WIN. Autre incident de parcours, faut il le nommer? Un incident de parcours avec deux longues oreilles tombantes et un dialecte disons déroutant.

Heureusement, heureusement, la Menace Fantôme reste épique. Il y a malgré ses égarement la magie Star Wars qui opère, et une fois l'épisode replacé comme pilier de la saga, il affirme sa cohérence avec sa suite mais aussi les épisodes historiquement précédents, car s'il est la genèse de l'histoire contée, il se situe en plein milieu de la saga chronologiquement parlant, ce qui explique son statut à part.





Notation

Réalisation : 7/10

Il y a du bon et du moins bon dans cet épisode. Initialement, c'est un épisode avec une identité propre, même s'il faut aimer ce petit côté Disney, rose bonbon par moment, avec des palais, des Princesses et des colline verdoyantes où s'affrontent les forces du bien et du mal. Ensuite, les effets spéciaux, mais aussi la 3D sur cette nouvelle version, sont très réussis.

Son : 7,5/10

La musique de John Williams compte des thèmes parmi les plus mythiques du cinéma tout au long de la saga. Celui qu'on retient pour cet épisode I est le thème Duel of Fates qui accompagne l'affrontement final entre Qui Gon et Obiwan contre Darth Maul. C'est peut être même un des plus beaux de la saga et il décuple le potentiel mythique de cette scène qui l'est pourtant déjà énormément. Le reste de la musique est fidèle à la série, mais parfois trop présente, et les effets sonores "piou piou" lors des batailles dans l'espace prennent un coup de vieux comparé à ce qui se fait maintenant en terme de bruitages spatiaux. Y a pas, "piou piou" c'est kitch quoi!

Scénario : 6/10

Outch, c'est ce qui mine le plus cet épisode, assurément. Peut être qu'en racontant la même histoire il y aurait eu mieux à trouver pour le scénario, où les personnages admirablement classes (Qui Gon, Darth Maul) côtoient des Gungans balourds et des méchants aliens à l'accent russe lâches et particulièrement têtes à claques.

Interprétation : 7/10

Là aussi les disparités au niveau de la qualité du casting m’interpellent. Liam Neeson, Ewan McGregor, et Natalie Portman sont exemplaires. On peut pas toujours en dire autant du reste du casting. La quasi totalité des personnages secondaires cabotinent ou ne sont pas à leur place. Palpatine par exemple a beaucoup de mal à rendre crédible dans ce premier opus son personnage de sénateur ambitieux mais voulant le bien de son peuple. Heureusement à part quelques scènes exagérées dans le III, il se rattrape par la suite, mais restons en à cet épisode. J'ai évoqué Anakin, et outre les aliens en images de synthèse, le reste des figurants/personnages secondaires sont particulièrement effacés, comme si le film ne les concernaient pas. Heureusement, Ray Park sous le maquillage de Darth Maul est brillant malgré la platitude relative accordée à son personnage qui se contente d'être über-cheaté. La version blonde des siths en somme "Soit classe et tais-toi".

Note générale : 7/10

La note pour les Star Wars est un peu à part. Chaque film s'inscrit dans une saga qui, si elle devait être critiquée mériterait bien un 9 ou un 10. Mais si on met de coté la magie et le mythe, la Menace Fantôme n'est pas un excellent Star Wars, tout en étant un bon film de SF pour les enfants. Cet épisode paye l'orientation naïve de son écriture et certains "réglages" après plus d'une décennie sans films, mais ceux ci sont finalement plus ou moins gommés ensuite. A suivre donc.





"You were right about one thing, master. The negotiations were short."



21 janv. 2012

Bienvenue à Gattaca

Bienvenue à Gattaca

Andrew Niccol
1997

Film : Américain
Genre : Science fiction anticipativo-génétique minimaliste
Avec : Ethan Hawke, Jude Law





Synopsis

Si Vincent est le pure fruit d'une torride nuit d'amour de ses parents sur la banquette arrière de leur voiture, celui ci n'en retire aucun avantage, puisqu'à sa naissance son code génétique dévoile les nombreuses tares qui affligeront son existence: risques de maladies, myopie, très forts risques cardiaques... Son espérance de vie ne lui accorde qu'une trentaine d'années. Ainsi pour son petit frère, les parents de Vincent décident d'avoir recours à une sélection génétique de leurs embryons, et d'avoir un enfant "validé". Devenu adulte, Vincent souffre de son statut "invalide" car toutes les portes le menant à son rêve de carrière spatiale se ferment à lui. Il décide alors de contourner son destin, et avec l'aide de Jerome, un brillant validé qu'un accident a placé prématurément dans un fauteuil roulant, il acquiert l'identité de son infortuné complice pour "devenir" un être génétiquement supérieur, et ainsi intégrer Gattaca qui forme les pilotes pour les vols spatiaux.

Avis

Pour signifier cette vision d'un futur entre utopie génétique et dictature Orwelienne façon Big-brother de l'ADN, le film s'offre une ambiance minimaliste et épurée, surfant sur une représentation néo-rétro qui servent le maître mot du cinéma de qualité: ambiance. Ceux qui ont déjà fait attention à mes critiques par le passé, ou même les simples amateurs de cinéma, savent qu'un bon film passe par la bonne ambiance. Celle ci doit être adéquate, coller au sujet, et créer une immersion totale qui coupe le spectateur de son quotidien pour la durée du film.

A l'évidence ce film tenait à cœur à Andrew Niccol, car celui-ci s'est attaché à réaliser Bienvenue à Gattaca avec une précision méticuleuse, attentif à l'instar de son personnage principal, au moindre détail couché sur la pellicule. Dans un premier temps, il s'attache un trio d'acteurs aussi sculpturaux que talentueux. Ethan Hawke et Jude Law forment un tandem profond, presque allégorique de la complémentarité entre deux êtres humains, à la fois si proches et si différents. Entre eux deux, la belle Uma Thurman, à la classe folle, attise la perte du contrôle de soit chez Vicent/Jerome et , cristallisant ses doutes et sa coté faillible, et ramène le nihiliste Jerome/Eugene à un tant soit peu d'espérance.
  
Les lacunes de ce film se fondent finalement sur la naïveté toute relative de son jeune réalisateur qui, collant à l'esprit de son film, idéalise peut être trop les relations humaines d'un utopique futur discriminatoire. Pour une œuvre aussi lisse en apparence, les quelques grains de sable du scénario, où apparaissent quelques tours de passe-passe, prennent l'ampleur de ravines inesthétiques dans un paysage épuré. Et si cela ne nuit pas, loin de la, à l'ambiance, renforçant plutôt cette irréalité bucolique se voulant parfaite, mais elle aussi marquée des stigmates de l'imperfection, elle entraine néanmoins le décalage qui perdra les plus pragmatiques d'entre nous.

Bienvenue à Gattaca est plutôt un film de doux rêveurs, souhaitant rouler à bord de voitures éléctriques rétro, et pour qui la conquête spatiale rime avec brushing plus-que-parfait. On en oublierai presque par moment le message, présent comme une épée de Damoclès au dessus de chaque représentation trop parfaite d'une société. "La discrimination c'est pas bien". Oui, certes, mais c'est sans doute ce qui fait le charme de ce film. L'imperfection intrinsèque de la société du toujours plus parfait régale nos yeux et nos méninges, et laisse une belle morale holywoodienne d'espoir et de tolérance.





Notation

Réalisation : 9/10

Premier jet dans la carrière filmique d'Andrew Niccol, ce film à la fois extrêmement maitrisé dans la conception de son ambiance, mais aussi débordant légèrement d'une naïveté, presque d'une ingénuité qui décuple le message et l'ambiance de son film, qui erre pourtant dans une thématique plutôt sombre, représente pour beaucoup un exemple type de la science-fiction d'anticipation, admirablement bien mis en image et bien monté. C'est élégant, c'est chic, bucolique et déprimant à la fois, une petite perle acidulée croquante qu'on a plaisir à regarder lorsque la mélancolie frappe à la porte.

Son : 8/10

A l'image de son image, précisément, la bande son colle très bien à l'ambiance minimaliste recherchée. Faisant preuve de fluidité, servie par des dialogues bien écrits et une musique discrète mais de qualité, le son s'écoule, comme dansant avec les images, là juste derrière elles.

Scenario : 8/10

Sans aller jusqu'à dire que le scénario est lui aussi minimaliste, car ça ne serai franchement pas un compliment, on peut néanmoins dire qu'il obéit à cette volonté de sobriété globale du film. Il raconte une belle histoire, il est bien mené, s'intègre dans un univers dont la cohérence est toute relative, mais qui tient néanmoins la route, et surtout il reste surprenant sans choquer ses spectateurs.

Interprétation : 9/10

Trio quasi parfait, Gattaca bénéficie également d'excellents seconds rôles. Mais je reste scotché par l'envoutante Uma et par le charme arrogant de Jude Law, acteur absolument fantastique qui incarne avec brio Eugene. A tel point qu'il est dommage que le personnage n'ait pas été plus creusé. Mais il ne s'agit à ce moment plus d'une question d’interprétation.
   
Note générale: 8,5/10

Impossible à mon sens de départager ce film entre "très bon film" et "film excellent" de manière objective. D'où cette notation, entre le 8 et le 9, à la fois film réussi, mais aussi film culte malgré ses légères lacunes. Bienvenue à Gattaca est peut-être un film controversé, qui ne séduira pas les amateurs d'action débordantes, mais qui touchera à n'en pas douter ceux qui préfèrent les belles images, bien amenées et bien tournées, et encore plus les fans d'anticipation qui ont dévoré plusieurs fois de suite le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley.





 "They used to say that a child conceived in love has a greater chance of happiness. They don't say that anymore"

16 nov. 2011

Reservoir Dogs

Reservoir Dogs

Quentin Tarentino
1992

Film : Américain
Genre : Film de gangsters façon Tarentino
Avec : Harvey Keitel, Michael Madsen





Synopsis

Mr White est sur les nerfs, c'est une mauvaise journée. Mr Brown est mort, Mr Orange a une balle dans le ventre et hurle à la mort, Mr Blonde a la gâchette un peu trop facile au gout de Mr White, et Mr Pink est persuadé que si les flics sont venus foutre leur merde un peu trop tôt, c'est qu'un cave a balancé leur coup. C'est sûr, Mr White n'avait pas prévu une aussi mauvaise journée.
  
Avis

Coup d'essai et coup de maitre, ce premier film de Quentin Tarentino est devenu culte pour nombre de fans du fantasque réalisateur au gout prononcé pour l'excès de violence. Dés la scène d'introduction, les codes de l'univers Tarentino sont présents. Si le spectateur confortablement installé dans son siège de cinéma en septembre 1992 ne le savait pas encore, il avait devant ses yeux les piliers fondateurs du style Tarentino. Gangsters tchatcheurs, rythme effréné, ne serait-ce que dans une simple discussion, et montage incisif.


L'histoire se veut assez basique cependant. Le braquage a foiré à cause d'une balance, qui est la balance? Tarentino nous place alors du point de vue de différent protagonistes avec une vision propre du braquage. Mais le risque aurait été de se répéter et de n'offrir qu'une alternative répétitive de la même histoire. Fort heureusement, à chaque personnage sur lequel se focalise Quentin sa part du fil des évènements, et c'est donc un film à la fois monté dans le désordre qu'on a, mais à la cohérence sans faille du début à la fin.


Porté par des acteurs au talent maint et maint fois éprouvé, le film sert scène culte sur scène culte, où chacune est un régal de style et d'élégance. Les dialogues concoctés par Quentin -Mister Cool- Tarentino font mouche car ils gardent à chaque fois ce sentiment de coller parfaitement à l'univers "grand banditisme".

Bien sûr, il faut adhérer au point de vue du réalisateur sur le crime. A la manière d'un Parrain en son temps, Tarentino idéalise les mafieux et les voyous, respectant les codes de l'honneur (plus ou moins, bien sûr, car chacun de ses personnages a un sens de la morale disons... différent) et la clique qui marche vers la caméra au ralenti dans la scène d'introduction est tout de même un symbole de classe, ce qui va ensuite être récurrent dans le cinéma du réal.





Notation

Réalisation : 9/10

Pour un premier long métrage, on peut dire que Tarentino frappe fort et impose son style. Amateur du cinéma des années 70 (Kill Bill) le genre est à la fois ancré entre la décennie 80's et 90's, mais avec un petit rien de nostalgie qui se dégage de ce film à la réalisation impeccable.

Son : 9/10

Autre aspect majoritaire de la réussite de ce film, sa bande sonore. La BO est une radio spécialisée des années 70, avec son animateur à l'accent sudiste prononcé, et par conséquent, tous les sons ambiance oldies renforçant d'ailleurs cette impression d'intemporalité nostalgique. Autre point fort : les dialogues cinglants qui sont la base de l'intérêt de ce film résonnent comme sifflent les balles et participent énormément à l'ambiance voulue par Tarentino.

Scénario : 8/10

Assez simple de prime abord, il a néanmoins l'avantage de bénéficier d'un montage osé mais diablement efficace, et le film sans temps mort offre révélation et tension d'un bout à l'autre de la pellicule, le tout également très bien écrit, de quoi satisfaire les amateurs.

Interprétation : 9/10

Si on retient en premier lieu Harvey Keitel et Michael Madsen pour sa prestation de Mr. Blonde complétement jeté, la totalité du casting a ce truc qui rend un film culte. Tim Roth, Steve Buscemi ou Lawrence Tierney et tous les autres l'ont, ce truc.

Note générale : 9/10
  
Il est assez difficile d'écrire sur un film comme Reservoir Dogs, car son aura dépasse les mots. Le film fonctionne, et se savoure lorsqu'il est entouré d'une certaines ignorance. Tout le monde aura entendu parler, ou aura peut être même déjà vu la scène de la torture, mais si vous n'avez pas vu le film, il y a dix fois plus que cette scène mythique. Un must-see quoi qu'il en soit.




"I don't tip because society says I have to. All right, if someone deserves a tip, if they really put forth an effort, I'll give them something a little something extra. But this tipping automatically, it's for the birds. As far as I'm concerned, they're just doing their job."

18 oct. 2011

Fight Club

Fight Club

David Fincher
1999

Film : Américain
Genre : Drame nihilo-anarchiste
Avec : Edward Norton, Brad Pitt





Synopsis

La vie d'expert en assurances n'a rien de bien folichonne. On a un appartement meublé par IKEA dans un building du centre-ville, on passe sa vie dans les aéroports à rencontrer des individus aussi jetables que la brosse a dent fournie par la compagnie aérienne, et on guérit ses insomnies et sa solitude en fréquentant des groupes de soutien pour les cancéreux, les maniaco-dépressifs, les junkies repentis etc. Mais que fait on lorsque son appartement explose et que toutes ses possessions matérielles son annihilées en un instant? Peut-on réellement contacter un anarchiste loufoque rencontré dans l'avion, sans que cela implique certaines conséquences sur son mode de vie?

Avis

La première règle étant de ne pas parler du Fight Club, je ne parle pas du Fight Club.
...

La deuxième règle du Fight Club étant de ne pas parler du Fight Club, je ne parle toujours pas du Fight Club.

...

Ceci étant, ma condition de bavard invétéré (à ne pas confondre avec les bavard invertébrés du type mollusque de la politique, très nombreux dans les médias ces derniers temps) me pousse à dire deux/trois trucs quand même.

Fight Club est un monument. Mais pas une belle construction défiant les lois de la pesanteur. Plus comme un bâtiment en ruines, couvert de tags et jonché d'immondices. Un vestige impie d'une époque révolue, complètement dépassé, devenu la risée du voisinage. Fight Club est une sorte de bloc de béton crado trônant dans le jardin de la bien-pensance.

Parce qu'aujourd'hui le monde a prit un coup de vieux. Bloqué dans ses stéréotypes et son conformisme puritain, il accepte de moins en moins le Fight Club. Et c'est dans un contexte pareil que Fight Club se sublime. Écrit dans le courant des années 90, sortit à l'aube de l'an 2000, dans une époque pleine d'espoirs et de rêves, après une décennie rattrapée par une économie bancale et une société de plus en plus sectaire, Fight Club est un film d'avant-garde qui plongeait le nez dans la merde des gens en leur démontrant par A+B qu'un nouveau millénaire n'était pas synonyme d'épanouissement sociétal façon calinours.

En 2011, Fight Club est presque une évidence. Depuis Fight Club, des tours sont tombées, des gamins démontent la tête d'un pauvre type à coup de marteau pour avoir des clics sur internet, des guerres ont éclaté, et tout le monde sait que c'est pas grave puisque grâce à Roland Emmerich on est au courant qu'une vague de 150m de haut va se charger de remettre les compteurs à zéro l'an prochain.

Bien qu'il soit un personnage de fiction, Tyler Durden est le Kant ou le Nietzsche de la génération entre 20 et 10 avant Justin Bieber. Tyler Durden et sa violence éponyme basée sur aucun jeu d'argent ou de pouvoir, Tyler et son anarchie militarisée de chef de guerre, Tyler et son savon beauté spécial cul graisseux.

Mais prendre Fight Club pour un manifeste délirant adressé au public comme un électrochoc à une époque où il ne pouvait rien y comprendre n'est pas la lecture la plus juste non plus. Ce film est avant tout un objet d'art, et l'art ne se justifie pas.

David Fincher a décidé de faire de son contenu une sorte de prétexte à sa peinture de la société. A la manière d'un Rembrandt dans l'Europe baroque, Fincher peint l'Amérique des années 90 dans le clair obscur d'un néon de station service. Saisissant de détail, le film évoque l'univers du réalisateur sombre et glauque qui s'oppose à l'ordre aseptisé de la société dans un tourbillon où tout fini finalement par se mêler.

Fight Club est un film fort dont la maitrise parfaite du trio d'acteur, du réalisateur et du scénariste permet, aussi délirant et/ou juste que soit son concept d'être le film culte d'une génération élevée à la poussière de béton.





Notation

Réalisation : 10/10

Ah mais que dire? Fincher rend la copie parfaite, à 100% dans son univers et son ambiance. Il pose son rythme, ses angles de caméra, sa lumière, son jeu de contrastes, sa direction des acteurs, toute la force de son symbolisme, et comme une fresque de 3km de long sur 35mm de large, peint la société en 1999 dans son absurdité la plus complète.

Son : 9/10

Fight Club se dote d'une BO très sympathique, collant parfaitement avec l'ambiance du film. "Where is my mind?" sur le générique de fin est un des choix les plus judicieux qu'on pouvait trouver. La voix off du narrateur clamant ses impressions avec détachement et dépit est l'un des atouts majeurs du film pour l'ambiance générale. Excellente bande son.
 
Scénario : 9/10

Le principal reproche adressé à ce film c'est sa violence gratuite latente. Chaque geste, chaque image du héros ou de Tyler transpire d'une violence crue, celle ci émaillant le scénario comme la peinture d'un mur après des centaines de coups de poing. Mais ce n'est pas "Hug Club" ou "J'suis-triste-viens-m'faire-un-beuzou Club". C'est Fight Club. Lorsqu'on intègre ce paramètre, le scénario devient d'une limpidité et d'une clairvoyance splendide. Il adopte alors une mécanique admirable et c'est un plaisir de la voir se mouvoir, qu'il s'agisse de la première ou de la centième fois.

Interprétation : 10/10

Edward Norton est un génie de la comédie. Qu'un auteur écrive l'être le plus torturé du monde, lui peut l'interpréter. Mais ne croyez pas que Brad Pitt est là pour conter fleurette à ces demoiselles. Si Tyler Durden qu'il campe est un personnage féroce haut en couleurs dans un monde grisâtre et rouillé, Brad Pitt est Tyler Durden. Ce duo aurai pu se suffire à lui même, mais une touche de glamour dépressif et dépravé, en la personne de Helena Bonham Carter ajoute à l'ensemble le coté acidulé d'une femme complexe et sauvage. Même le reste des personnages secondaires tient la route. Pas une ombre à ce tableau là.

Note générale : 10/10

Qu'importe l'adversaire pourvu qu'on ait la mâchoire démise. C'est en substance la morale à tirer de Fight Club. Car à prendre au premier degré, ce film fait l'apologie de la violence, de l'anarchie et du terrorisme. Mais loin d'être le Mein Kampf des années 2000, Fight Club est une satire, une sorte d'état des lieux avec dix ans d'avance sur la société du 3eme millénaire. Un film sombre et brillant. Il y a des films comme ça, au maximum un tous les dix ans qui marquent la décennie à venir, si ce n'est pas le siècle. Fight Club est de ceux là.





"I felt like putting a bullet between the eyes of every panda that wouldn't screw to save its species."  

28 sept. 2011

Predator 2

Predator 2

Stephen Hopkins
1990

Film : Américain
Genre : Action science fiction limite post-apo
Avec : Danny Glover





Synopsis
 
Alors que la fin du siècle approche, la ville de Los Angeles est un champs de bataille incessant entre les cartels de la drogue et les forces de l'ordre largement dépassées. Mais Mike Harrigan n'entend pas se laisser faire. Malgré, ou plutôt grâce à ses méthodes expéditives, ce détective de la police de Los Angeles tente de faire respecter la loi, jusqu'au jour où un intrus invisible s'invite dans la partie en quête de trophées...


Avis


Predator 2 n'a rien à voir avec le premier. D'un Arnold Schwarzenneger invincible, on passe à un Danny Glover trop vieux pour ces conneries. De la jungle tropicale on passe à la jungle de béton. D'un Predator sadique, on passe à un Predator sanguinaire avide de combat, sourd aux revendications et aux camps de chacun.

Cet épisode est réellement déroutant, car il porte un aspect exagéré qui n'était que sous-jacent dans le premier. Le Los Angeles de 1997 anticipé 7 ans plus tôt dans Predator 2 est une exagération du Los Angeles des années 90, encore pire que le Los Angeles 1997 de Terminator 2. La dégaine des personnages, l'aspect étouffant et sépia de la ville, c'est comme si chaque acteur avait marqué "1990" en gros, gras et rouge sur le front. Mais comme l'ambiance est primordiale dans chaque film, au moins celui ci a une identité visuelle forte et ne passe pas inaperçu.

Par ailleurs, cet opus va revenir sur les habitudes et le mode de vie des Yautja. On en apprend enfin un peu plus sur cette espèce venue d'ailleurs, et même si on avait bien comprit grâce au premier que le Predator était en safari dans la jungle, on découvre ce coup ci qu'il a ses habitudes sur notre planète, profitant du moindre conflit pour chasser des hommes que le commun des mortels qualifierait de "dangereux".

Du coup on se retrouve au milieu d'une guerre des gangs sans merci avec un lézard rasta qui s'en donne à coeur joie pour dépecer, torturer, pendre par les pieds ou arracher le crâne de tous les narcos ou flics de la ville. Résultat, on l'imagine, beaucoup plus gore que le premier.
Mais en contrepartie, on perd l'aspect slasher movie où les personnages se font tuer un à un. Difficile d'éprouver de la sympathie pour les trafiquants aux gueules de malfrat qui se font étriper. Reste le personnage de Danny Glover et sa course poursuite mémorable à la fin du film, et l'humour légèrement "Arme fatale" qu'est toujours là, quelque part sous la surface.




 
Notation

Réalisation : 7/10

Ambiance réussie, mais en contrepartie, tellement typé "1990" que 20 ans plus tard on a du mal à voir autre chose. Le look de Bill Paxton est tellement esclaffant que je me demande encore si c'est fait exprès ou non. Le reste du montage est efficace, avec des scènes d'action bien senties, et un final qui va crescendo (et puis ce petit hommage poignant à Alien qui réussi à égayer en un instant le fan absolu de la série, même si on vaut à ce détail les trèèèès controversés AVP). Pas le chef d'oeuvre qu'on attendait, mais un sequel raisonnable pour l'excellent premier Predator.
     
Son : 6/10

Le son ne m'a pas semblé mémorable. Musique sympathique, mais qui ne marque pas les esprits, et globalement le reste des effets sonore est moyen, puisque l'effet de surprise "je te regarde avec ma vision infra-rouge et j'entends ce que tu dis avec une voix de robot" est passé.

Scénario : 7/10

Il étonne dans un premier temps. Débarquer en pleine guerre entre gangsters et forces de l'ordre nous fait un peu réagir avec un "gné wtf?" surtout dans un monde très légèrement futuriste, sorte d'exagération de la Californie 90's. Mais l'idée a le mérite d'être audacieuse, d'autant qu'elle tient la route jusqu'à la fin.
      
Interprétation : 6/10

Danny Glover en rajoute un peu, et le reste du casting a un coté tellement caricatural qu'on se demande si ce film est sérieux. Après l'Arme fatale, on se dit que le père Glover doit forcer les traits de son personnage, mais par moment il a une telle conviction dans les yeux que le doute persiste. Par contre, il a le mérite de faire un héros beaucoup moins invincible que ne semblait Schwarzie, ce qui le rend tout de même d'autant plus intéressant d'un point de vue de l'identification au personnage. 

Note générale : 6,5/10

Pour une fois, la note globale est une vraie moyenne. Parce que justement ce film oscille entre le moyen et le coté classe et extraordinaire du Predator. Impossible de lui donner une note pleine car il est à mi-chemin entre la déception, et l'audace géniale d'un film ambitieux. Une suite correcte qui a néanmoins grandement contribué à la légende de la saga.





"Ok, who's next?"