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21 janv. 2012

Bienvenue à Gattaca

Bienvenue à Gattaca

Andrew Niccol
1997

Film : Américain
Genre : Science fiction anticipativo-génétique minimaliste
Avec : Ethan Hawke, Jude Law





Synopsis

Si Vincent est le pure fruit d'une torride nuit d'amour de ses parents sur la banquette arrière de leur voiture, celui ci n'en retire aucun avantage, puisqu'à sa naissance son code génétique dévoile les nombreuses tares qui affligeront son existence: risques de maladies, myopie, très forts risques cardiaques... Son espérance de vie ne lui accorde qu'une trentaine d'années. Ainsi pour son petit frère, les parents de Vincent décident d'avoir recours à une sélection génétique de leurs embryons, et d'avoir un enfant "validé". Devenu adulte, Vincent souffre de son statut "invalide" car toutes les portes le menant à son rêve de carrière spatiale se ferment à lui. Il décide alors de contourner son destin, et avec l'aide de Jerome, un brillant validé qu'un accident a placé prématurément dans un fauteuil roulant, il acquiert l'identité de son infortuné complice pour "devenir" un être génétiquement supérieur, et ainsi intégrer Gattaca qui forme les pilotes pour les vols spatiaux.

Avis

Pour signifier cette vision d'un futur entre utopie génétique et dictature Orwelienne façon Big-brother de l'ADN, le film s'offre une ambiance minimaliste et épurée, surfant sur une représentation néo-rétro qui servent le maître mot du cinéma de qualité: ambiance. Ceux qui ont déjà fait attention à mes critiques par le passé, ou même les simples amateurs de cinéma, savent qu'un bon film passe par la bonne ambiance. Celle ci doit être adéquate, coller au sujet, et créer une immersion totale qui coupe le spectateur de son quotidien pour la durée du film.

A l'évidence ce film tenait à cœur à Andrew Niccol, car celui-ci s'est attaché à réaliser Bienvenue à Gattaca avec une précision méticuleuse, attentif à l'instar de son personnage principal, au moindre détail couché sur la pellicule. Dans un premier temps, il s'attache un trio d'acteurs aussi sculpturaux que talentueux. Ethan Hawke et Jude Law forment un tandem profond, presque allégorique de la complémentarité entre deux êtres humains, à la fois si proches et si différents. Entre eux deux, la belle Uma Thurman, à la classe folle, attise la perte du contrôle de soit chez Vicent/Jerome et , cristallisant ses doutes et sa coté faillible, et ramène le nihiliste Jerome/Eugene à un tant soit peu d'espérance.
  
Les lacunes de ce film se fondent finalement sur la naïveté toute relative de son jeune réalisateur qui, collant à l'esprit de son film, idéalise peut être trop les relations humaines d'un utopique futur discriminatoire. Pour une œuvre aussi lisse en apparence, les quelques grains de sable du scénario, où apparaissent quelques tours de passe-passe, prennent l'ampleur de ravines inesthétiques dans un paysage épuré. Et si cela ne nuit pas, loin de la, à l'ambiance, renforçant plutôt cette irréalité bucolique se voulant parfaite, mais elle aussi marquée des stigmates de l'imperfection, elle entraine néanmoins le décalage qui perdra les plus pragmatiques d'entre nous.

Bienvenue à Gattaca est plutôt un film de doux rêveurs, souhaitant rouler à bord de voitures éléctriques rétro, et pour qui la conquête spatiale rime avec brushing plus-que-parfait. On en oublierai presque par moment le message, présent comme une épée de Damoclès au dessus de chaque représentation trop parfaite d'une société. "La discrimination c'est pas bien". Oui, certes, mais c'est sans doute ce qui fait le charme de ce film. L'imperfection intrinsèque de la société du toujours plus parfait régale nos yeux et nos méninges, et laisse une belle morale holywoodienne d'espoir et de tolérance.





Notation

Réalisation : 9/10

Premier jet dans la carrière filmique d'Andrew Niccol, ce film à la fois extrêmement maitrisé dans la conception de son ambiance, mais aussi débordant légèrement d'une naïveté, presque d'une ingénuité qui décuple le message et l'ambiance de son film, qui erre pourtant dans une thématique plutôt sombre, représente pour beaucoup un exemple type de la science-fiction d'anticipation, admirablement bien mis en image et bien monté. C'est élégant, c'est chic, bucolique et déprimant à la fois, une petite perle acidulée croquante qu'on a plaisir à regarder lorsque la mélancolie frappe à la porte.

Son : 8/10

A l'image de son image, précisément, la bande son colle très bien à l'ambiance minimaliste recherchée. Faisant preuve de fluidité, servie par des dialogues bien écrits et une musique discrète mais de qualité, le son s'écoule, comme dansant avec les images, là juste derrière elles.

Scenario : 8/10

Sans aller jusqu'à dire que le scénario est lui aussi minimaliste, car ça ne serai franchement pas un compliment, on peut néanmoins dire qu'il obéit à cette volonté de sobriété globale du film. Il raconte une belle histoire, il est bien mené, s'intègre dans un univers dont la cohérence est toute relative, mais qui tient néanmoins la route, et surtout il reste surprenant sans choquer ses spectateurs.

Interprétation : 9/10

Trio quasi parfait, Gattaca bénéficie également d'excellents seconds rôles. Mais je reste scotché par l'envoutante Uma et par le charme arrogant de Jude Law, acteur absolument fantastique qui incarne avec brio Eugene. A tel point qu'il est dommage que le personnage n'ait pas été plus creusé. Mais il ne s'agit à ce moment plus d'une question d’interprétation.
   
Note générale: 8,5/10

Impossible à mon sens de départager ce film entre "très bon film" et "film excellent" de manière objective. D'où cette notation, entre le 8 et le 9, à la fois film réussi, mais aussi film culte malgré ses légères lacunes. Bienvenue à Gattaca est peut-être un film controversé, qui ne séduira pas les amateurs d'action débordantes, mais qui touchera à n'en pas douter ceux qui préfèrent les belles images, bien amenées et bien tournées, et encore plus les fans d'anticipation qui ont dévoré plusieurs fois de suite le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley.





 "They used to say that a child conceived in love has a greater chance of happiness. They don't say that anymore"

14 sept. 2011

Alien la résurrection

Alien, la résurrection
Alien : Resurrection

Jean-Pierre Jeunet
1997

Film : Américain
Genre: Science fiction portée sur l'action
Avec : Sigourney Weaver
 
 

 

Synopsis

Deux siècles ont passé depuis la mort d'Ellen Ripley sur Fury 161. Weyland Yutani n'est plus, mais des scientifique de l'armée parviennent à cloner Ripley avec la Reine Alien dans son ventre, et à extraire celle ci avant qu'elle ne "naisse" par ses propres moyens. Alors que des mercenaires débarquent sur la station Auriga avec une étrange cargaison à leur bord, Ripley s'éveille, un nouveau niveau de conscience acquit grâce à la connexion qui la lie à la Reine.

Avis
   
Si au moment de sa sortie, cet opus m'avait particulièrement emballé, c'est aujourd'hui un sentiment mitigé qui m'anime à l'égard de cet épisode. Partageant de très bonnes idées avec d'autres beaucoup moins, je suis toujours circonspect en regardant Alien 4. L'idée de tuer Ripley à la fin d'Alien3 avait pour but d'éviter un nouveau sequel. Pourtant, de l'aveu des producteurs, l'idée de ressusciter Ripley a tout de suite germé dés la sortie d'Alien3 pour continuer à produire des films de la franchise.
Cependant, à mon sens, la mort d'Ellen dans le 3e épisode est trop bien orchestrée pour qu'il soit possible de la faire revenir à la vie, qui plus est avec son Alien dans le ventre. Dés le départ, le scénario de Joss Whedon s'avère donc bancal. Si on ajoute à cela, nombre d'incohérences ou d'interrogations qui ne trouvent jamais de réponses, et un final raté, le constat ne parait pas glorieux.

Évidemment, pas mal d'aspects parviennent à sauver le film qui n'est pas non plus un nanard cosmique. Le choix de la frènnchtouche de Jean-Pierre Jeunet pour la réalisation est une bouffée d'oxygène. Comme chacun des réalisateurs d'un Alien avant lui, Jeunet possède un univers graphique propre, inimitable, et après un réalisateur anglais et deux réalisateurs américain, c'est avec joie qu'on découvre un oeil moins anglo-saxon sur la saga.

Le but avoué étant de ressusciter la saga en même temps qu'Ellen Ripley, ce vent de fraicheur graphique est d'autant le bienvenue. Mais cela n'excuse pas le manque de profondeur du scénario, et le fait que les Aliens finissent par se mordre un peu la queue. Jeunet a souhaité combiner ce qui avait fait le succès de chaque opus précédent. Plusieurs Aliens et des Marines de l'espace comme dans le film de Cameron, un vaisseau angoissant pour toile de fond comme dans le premier, un lien maternel entre les Aliens et Ripley renforcé par rapport au 3, et quelques idées originales comme la mutation génétique de la Reine, ou l'androïde humain et indépendant (qui n'est pas sans rappeler le Nexus 6 de Blade Runner, avis perso).

Résultat? Un bon film d'action avec quelques scènes mythiques, mais on a parfois l'impression d'assister à un hommage de fan plutôt qu'à un vrai épisode de la série.





Notation

Réalisation : 8/10

Pas forcément mon préféré, de par son style extrêmement personnel, mais ça n'en reste pas moins un film parfaitement maitrisé par le réalisateur doué qu'est Jean Pierre Jeunet, même si on regrette que les accessoiristes aient autant abusé du slime pendant le film.

Son : 9/10

J'apprécie en revanche particulièrement la musique de cet opus, qui est juste parfaite. Le thème principal colle à la peau du film et des Aliens en général. Spatial, dangereux et beau dans son étrangeté, il hante le film à la manière dont les Aliens hantent le vaisseau. Somptueux!

Scénario : 5/10

Ce qui plombe le film. Malgré une multitude de bonnes idées, le scénario a tendance à tourner en rond et à ne pas apporter grand chose. Quelques passages illuminent un peu le cheminement des protagonistes, mais globalement, ce n'est pas ce qu'on retire vraiment du film, et c'est dommage car doté d'un script un tout petit peu plus creusé et crédible, ce film avait tout pour être l'égal de chacun des 3 films de la série. Là, non.
    
Interprétation : 9/10

Autre gros point fort de ce film: son casting. Sigourney Weaver reste fidèle à elle même, quoi qu'encore plus troublante avec son ADN Alien, mais elle est épaulée d'une ribambelle d'acteurs géniaux. Comment ne pas tomber amoureux de Winona Ryder, craquante dans le rôle de Call, ou s'esclaffer devant le tandem de choc Dominique Pinon/Ron Perlman? Si la plupart des personnages ne sont pas exceptionnels, leur interprétation l'est, et parvient à les rendre très attachants. 

Note générale : 7/10

En écrivant la critique je me suis replongé avec une forme de sympathie dans ce film qui possède un tas de bons cotés, mais une fois cette drôle de nostalgie passée, je suis toujours déçu du résultat, en particulier la fin du film avec cet Alien humanoïde auquel il manque tout simplement l'élégance d'un dessin de Giger. La saga repose sur le concept même d'un Alien superbement beau et mortel. Cameron a flirté avec la ligne en interprétant le design des créatures à sa manière, mais sa Reine Alien est magnifique. Le bâtard du 4 n'est rien de tout ça. Il reste un monstre moche, ce qu'aurait pu être le tout premier film sans le génie psychopathe de HR Giger, et son rôle est ingrat puisqu'il trouve à peine sa place dans un scénario bancal. Ce film fait passer un bon moment, mais n'arrive pas à égaler ses 3 autres prédécesseurs.     


 

"I'm the monster's mother"