22 avr. 2013

Oblivion

Oblivion

Joseph Kosinski
2013

Film : Américain
Genre : Science-fiction post-apo largement référencée
Avec : Tom Cruise, Morgan Freeman, Olga Kurylenko




Synopsis

En 2017, la Terre a été attaquée par les Chacals. L’Humanité a vaillamment combattu pour gagner la guerre, mais la terre était ravagée, ne lui laissant pas d'autre choix que d’immigrer sur Titan. Seuls restent sur Terre Jack et Victoria, deux techniciens chargés de la maintenance des drones surveillant les stations de pompage qui convertissent l'eau de mer en énergie pour le Tet, la station spatiale qui emmènera la race humaine sur sa nouvelle planète d'adoption. Mais Jack qui arpente la seule zone non irradiée de la Terre aux alentours de New York pour y réparer les drones, ne semble pas enclin à vouloir quitter sa planète à la fin de sa mission, malgré la dévastation et les Chacals qui le prennent toujours pour cible, des années après la fin de la guerre. Comme si quelque chose, ou quelqu'un le retenait ici bas.

Avis

Pas vraiment encore une référence du cinéma de SF, Joseph Kosinski a néanmoins un sens de l'image assez particulier. Oblivion est à l'origine un roman graphique qu'il avait imaginé en 2000. En ce sens, le film qu'il en tire est à l'image d'un univers de science fiction imaginé par un jeune de 25 ans, passionné de SF et de graphisme. Post-apocalyptique, esthétique, et ultra référencé.

Post-apocalyptique, oui, car le XXIe siècle est un monde cyber-punk où la menace de destruction totale de la planète est un enjeu majeur qui marque tout particulièrement la jeunesse dont les espérances se sont nettement réduites par rapport à celle de nos aïeux. Le monde d'Oblivion est pessimiste: l'Homme a gagné, mais à quel prix? Celui de sa planète, son foyer... Les vestiges de la civilisation se retrouvent ici ensevelis, dévastés, démantibulés. Et le contraste de la Tour où vivent Jack et Victoria, perchée sur les cimes, immaculée souligne l'infinitésimale bulle de modernité et d'espoir qu'il reste à cette planète. Mais cette bulle parait froide et lointaine. A l'image du Tet.

Esthétique, car la façon de filmer cet univers froid, ses paysages sauvages d'une nature ayant balayée presque totalement les vestiges de l'Humanité, et les effets spéciaux à la fois sobres et vraiment bluffant, relève d'une recherche constante de l'image, digne d'un graphiste de formation apportant son oeil sur le moindre détail, le moindre effet de lumière pour un résultat vraiment léché.

Ultra référencé, parce que malgré la maitrise globale, chaque plan, chaque idée, chaque minute presque du film, est un hommage plus ou moins flagrant à la grande famille du cinéma de SF et plus largement à celui de Tom Cruise auquel le réalisateur s'amuse à glisser quelques clins d'oeil. D'une part, l'univers ne manquera pas de rappeler La Planète des Singes, les Chacals eux sont des sortes de Predators, mais mis en scène comme des hommes des sables de SW, scrutant leur proie de loin avant de l'encercler, la Tour, les drones et le Tet ont quelque chose de Kubrikien, presque effrayants, (une impression de 2001 qui se confirme vers la fin du film d'ailleurs), et sans entrer dans le détail on peu citer pèle mêle d'autres clins d'oeil à The Island, Independance Day, Blade Runner, Moon, de multiples autres images faisant penser à la saga Star Wars, et pour ce qui est de la carrière de Tom Cruise, un chouia de Top Gun avec la poursuite en aéronef, les lunettes ou la moto, du Mission Impossible au début... Et je vous jure que dans tout ça la liste n'est pas encore exhaustive.

Du coup, que faut il penser d'un film comme ça, qui se borne à reprendre des idées à droite à gauche, des plans à tel ou tel film, des lignes de scénario chez telle ou telle référence? Hurler au plagiat et décréter de facto l'inintérêt de ce long-métrage? J'ai préféré y voir une foule d'hommage plus ou moins dissimulés et l'histoire écrite par un jeune d'une vingtaine d'années et qui a la chance de la porter sur grand écran avec un budget colossal quelques 15 ans plus tard. Car si Joseph Kosinski n'est plus un jeune rêveur, son histoire, à l'instar de Luc Besson quand il ébauche le Cinquième Element, elle, date de ses plus jeunes années, et synthétise toutes les influences qu'on y accumule.

En contre-partie, Oblivion récuse une âme qui aurai transporté un bon film de SF au panthéon du genre. Bien que le pari de faire un film plus posé que ce qu'on a l'habitude de voir soit notable, et que d'ailleurs l'équilibre soit bien trouvé entre calme et action (sauf au début) l'absence de réelle "killer idea" ou d'un truc en plus laisse Oblivion au niveau des divertissements très sympathiques, avec une petite mention pour son côté esthétique.




Notation

Réalisation : 9/10

Il faut avouer que le film est beau. Décors et paysages magnifiques, images de synthèse particulièrement réussies, ambiance de Terre meurtrie et désolée vraiment palpable, la réalisation de l'Américain est quasi exempt de reproches. Le coucher de soleil et de Tet sur la Tour 49 laisse rêveur, et on s’imaginerait bien contempler celui ci depuis la piscine en charmante compagnie, je vous l'accorde.

Son : 8/10

La bande son des français de M83 est plutôt discrète, mais passe bien. C'est vrai qu'elle manque parfois d'originalité, me rappelant par moment celle du jeu Mass Effect, mais elle colle à l'ambiance minimaliste et épurée que laisse transparaitre la plastique des images. Et puis même si c'est un peu kitch, Procol Arum et Led Zep c'est cool.

Scénario : 6/10

Sans être sans surprise, le scénario se montre souvent convenu. Les références à nombre de classiques de la science fiction ne sont pas seulement visuelles, et on les retrouve aussi dans l'écriture. Par ailleurs l'histoire ne passe pas à coté de certains clichés franchement ringards qui mettent en scène un Tom Cruise en chemise à carreaux par exemple, ou une demande en mariage scabreuse...

Interprétation : 7/10

Tom Cruise est étonnant de sobriété dans ce film. Moi qui craignait le voir en mode méga super héros seul au monde façon Bruce Will-is Smith, le voila plutôt réservé, pas trop trop bogoss (même s'il a des gonzesses toujours deux fois plus jeunes que lui) il est bien dans ses baskets dans ce rôle au final. Quant au reste du casting, peut être moins mis en valeur par le scénario (dommage que Nikolaj Coster-Waldau garde son coté side-kick badass mais qui s'illustre à peine) moi je retiens quand même le charme d'Andrea Riseborough dont la vivacité et l'expressivité contraste un peu avec Olga Kurylenko, palotte dans le film.

Note générale : 7/10

Oblivion ne sera pas le film de SF de l'année, surtout qu'on attend le second Star Trek, mais il reste une bonne surprise pour les amateurs du genre qui ne seront pas exaspérés par les références quasi continuelles et la convenance du scénario. Et puis, il a sa qualité visuelle pour lui, rendant l'ensemble franchement appréciable quand on n'en attend pas non plus l'impossible.




"That is one pissed off weapon!"

 

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